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en partie réécrit le : jeudi 23 août 2018,
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Mots clefs : Histoire du massage en Égypte
; le massage en Égypte
; prêtre-médecin ; masseur ; pédicure ; manucure ; réflexologie ;
Noms propres : CFDRM de Paris ; Département
d'égyptologie du CFDRM ; Nathalie Lienhard
; Richard-Alain
Jean ; Thierry Benderitter ; Alain
Cabello-Mosnier ; Hippocrate ; Émile
Littré ; Ankhmahor ; Charles Mathien ; Victor
Loret ; Galien ; Côs ; Niankhknoum ; Khnoumhotep ; Téti ; Cnide ; Grèce ; Temru ; Ptahshepses ; Jeshfi ; Esculape ; Asclépiade ; Égypte ; Moba ; Togo ; Bamana ; Dogon ; Mali ; Daza ; Niger ; Estradère ; Alpinus ; Claude-Étienne
Savary ; Jean
Capart ; Philippe
Aries ; Edgar Morin
; Ounas ;
Horus ; Osiris ;
Dossier associé : Les
superviseurs des manucures du palais
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: Les
superviseurs des manucures du palais 11 juillet 2013
|
Les mécanismes de cette rechercheLe mercredi 3 juillet 2013, je publiais à
la fois les résultats que j'avais obtenu sur
la page Facebook du CFDRM (Observatoire des massages Mon message était bref, je lui demandais s'il n'aurait pas quelques informations, sinon sur cette archive _je n'allais tout-de-même pas le mettre en situation de devoir travailler sur mon image_, tout au moins sur la place plus générale du massage en Égypte. Sur
ce réseau social, j'avais publié
les premiers résultats de mes recherches et là,
il m'apprend tout de go qu'en fait, non seulement il
parle à quelques reprises de massage dans son ouvrage La mère, l'enfant et le lait en Égypte ancienne, par Richard-Alain JEAN et Anne-Marie Loyrette, Éd. L'harmattan 2010 TDM Ainsi
donc, en guise de papyrus fragile et friable, ce montage
de papier
numérique n'était que le mauvais miroir
d'une pierre
provenant du tombeau (ou
mastaba
Leçon numéro un en recherche, pas de jugement de valeur, une source doit être suivie jusqu'au bout quelqu'en soit la perplexité générale. L'intuition est une bonne énergie, l'archive un excellent matériau.
J'ai écris ce tout premier article
sur ce papyrus en 2013 comme je l'ai dis mais
ma culture nilotique Pour
se faire, j'ai procédé à la lecture
de nombreux textes dont La mère,
l'enfant et le lait
en Égypte ancienne, par Richard-Alain JEAN et Anne-Marie Loyrette, Éd. L'harmattan 2010 TDM
Mais qui était Ankhmahor ?Je
découvrais alors tout comme vous sans doute l'existence
de ce personnage m'ouvrant ainsi de nouveaux champs
de recherches mais toujours conditionnés à
la présence ou à la mention, même
dégradée, d'un massage dont la
généalogie pouvait se contenter de ses
composantes les plus infimes, huiles, onguents etc.
Ne s'intéresser qu'au massage clairement
identifié aurait équivalut à être
de ces égyptologues, je l'espère inexistants,
qui n'acceptent de travailler que sur des tombes intègres
négligeant tesselles
L'occupant
de ce tombeau se nommait donc Ankhmahor
également parfois écrit Ankh-ma-Hor dont le « bon
nom » selon la formule
consacrée est Sesi, nous dit Jean Capart. C'était
un notable, un dignitaire d'Égypte
suffisamment important et proche du pharaon d'alors
pour avoir l'autorisation et l'argent nécessaire
à la construction d'un mastaba
Bien
sûr le "roi d'alors" ne s'appelait pas
d'Alors mais Téti
Je
vous ai dis que l'homme était un tjaty Avec Ankhmahor
nous sommes à la VIe dynastie
donc quelle est son influence réelle ? ça
m'est encore difficile à dire. Ses titres étaient
nombreux et parmi ceux-là sa tombe ajoute "le
premier après le roi" puisque en effet
il se positionnait comme le premier magistrat après
le pharaon, dans l'Égypte
antique. On retrouve la formule dans d'autres sépultures
comme dans celle de Nefer-seshem-Ptah qui était
superintendant des scribes et des prêtres de la
pyramide de Téti, juste à côté
de la sienne, comme nous le rappelle J. Capart p. 63
Est-il le premier ministre du pharaon Téti ou un de ses tjaty parmi d'autres ? Il est aussi parfois présenté comme son possible médecin ce qui vaut d'ailleurs à sa sépulture le qualificatif de "tombeau des médecins" peut-être parce que toutes ces scènes de circoncisions, d’embaumements, de pharmacologie et aussi de "massage et/ou de pédicure" qui y figurent les concernent et qu'il n'y à pas d'autres tombes médicales de cette qualité.
Où se situe sa tombe ?Nous
avons son nom, sa fonction et nous savons que c'est
un mastaba, mais où était-il ? Comme tout
ceux de cette période il se dressait, et pour
celui-ci se dresse encore dans les sables millénaires
de Saqqarah Le site de Saqqarah sera exploitée de tout temps, de la I dynastie (période thinite) il y a 3000 ans av. J.C jusqu'aux sépultures de la Basse Époque 332 ans av. J.C. Mais si il propose des tombes de toutes les époques il reste célèbre pour ces pyramides à degrés et mastabas de l'Ancien Empire. Ici nous sommes en présence d'un mastaba de très belle facture avec sept pièces en enfilades couvertes de peintures murales, de statues de pieds en cape de notre vizir et de bas-reliefs. Hypogées, mastabas et pyramides, histoire d'une chronologie cémétérialeRappelons rapidement, ça se sera fait,
que les sépultures au début de l'histoire
de l'Égypte
furent d'abord primitives et souterraines, on les appelle
alors des hypogées
Les
pyramides quant à elles commencèrent à
allonger leur ombre sur le désert dès
la IIIe dynastie
Elles devinrent une sorte de juxtaposition de mastabas de plus en plus petits qui venaient s'ajouter par étages successifs, formant ainsi la pyramide à degrés. Il n'est pas intéressant de retenir cette chronologie architecturale par un procédé mnémotechnique comme celui-ci faisant des hypogées les fondations originelles des pyramides à venir. Les mastabas qui s'interposent se présentent comme une évolution logique venant s'ajouter à cet ancêtre, d'abord par un premier étage de plein pieds, jusqu'à ce que d'autres viennent s'augmenter en escalier pour se terminer par un pyramidion final.
Que doit-on dire, Roi, Pharaon ou Monsieur ?En écrivant ce papier je me suis interrogé
sur la pertinence d'utiliser le terme de roi en remplacement
de celui de pharaon Mais, je sens que votre cerveau s'échauffe, alors, allons nous mettre au frai dans la tombe qui nous attend.
Sur la trace des massages dans le tombeau d’Ankhmahor en Égypte il y a 4340 ans.Nous allons procéder par ordre et commencer par décrire le plan de la sépulture de Sesi (Ankhmahor) plutôt que d'aller, semblable à des touristes blasés devant les fresques qui nous intéresse et repartir aussi vite que nous sommes venus. C'est le tombeau d'un homme véritable au sein duquel nous devons nous comporter en Hommes véritables. Sa mort restera toujours la sienne et nous entrons là où nous n'aurions jamais du entrer. Le
tracé du plan ci-dessous fut dessiné par
Victor
Loret
Fig. 2, planche 18 de Capart, modifiée par ©CFDRM et libre de droit non commerciaux Nous
voici devant la lourde porte du tombeau d’Ankhmahor. Le mastaba dans lequel nous pénétrons possède sept pièces ce qui le fait plus ressembler à un appartement avec vue imprenable sur la mort qu'à une tombe et, comme vous pouvez le voir, les murs de la première chambre ont assez souffert, seule une petite partie des représentations funéraires sont encore présentes. Comme pour tout appartement de ce standing il fallait bien une chapelle qui plus est dédiée, en guise d'insigne honneur, à Jeshfi (1), le fils d'Ankh-Ma-Hor. En réalité elle ne semble pas exactement dans le tombeau du père mais contre, et disposant d'une ouverture murée. Elle est de très belle envergure, quasiment vide et sans intérêt sinon en prévision, comme l'ensemble des représentations du fils, au cas où il serait enterré avec son père et le reste de sa famille. Si au contraire sa carrière, son influence, son argent lui permettait de s'en faire construire un autre, alors les effigies sculptées dans le tombeau paternel seraient effacées, martelées, de manière qu'elles n'apparaissent pas dans deux lieux mortuaires simultanément. C'est le cas ici, le nom ou le visage de son fils furent consciencieusement effacés. Les murs du reste de la dernière demeure du père sont assez naturellement couverts de louanges, de statues de lui, de pleureuses, de processionnaires, de quelques amis mais aussi de victuailles, de vêtements, d'objets divers pour la toilette, des ustensiles de médecine, de danseuses pour se divertir, de manucures, de massages peut-être et enfin, d'une chambre à coucher dans laquelle la couche est remplacée par le sarcophage. Dans ces ères de dépossession de soit il y avait deux types de portes, les vraies portes pour que les vivants puisse y accéder mais aussi des fausses pour le mort lui-même. On pourrait être tenté de les prendre pour une parade possible contre les pillages mais en réalité c'est par elles qu'était sensée passer l'âme du défunt pour venir se nourrir et se réjouir des scènes peintes ou sculptées qui s'ouvraient comme autant de fenêtres donnant sur la vie quotidienne. L'égyptien d'alors considérait que l'on retrouvait dans la mort ce qu'on avait eu dans la vie et particulièrement ce qu'on avait aimé, sexe compris à l'instar d'Osiris, le principal dieu des morts égyptien qui avait, après son décès, engendré Horus rappelle J. Capart. Pourtant, la raison pour laquelle nous sommes là, vous à me lire, moi derrière mon bureau à écrire, se trouve dans l'entrée, ou plus précisément dans la salle I dans laquelle il nous faut revenir. Bien,
donc c'est ici, à l'opposé du passage
muré menant à la chapelle du fils que
nous avons survolé à l'instant que nous
percevons un deuxième conduit, au Nord, qui va
nous faire entrer dans la salle VI du tombeau d'Ankhmahor.
C'est lorsque nous nous engageons dans cette issue que
de chaque côté se déploient à
droite (Ouest) une scène de circoncision
à deux stades correspond à la
planche LXVI tome
2 TDM
(1) L'entrée privative de cette chapelle réservée au fils fut murée comme nous le montre le mur Sud de la salle I sur le plan. Elle est aménagée entre le tombeau de Nefer-seshem-Ra et celui d'Ankh-ma-Hor. Pour le sourire, le second nom de Jeshfi est Tutu.
Commençons
par la circoncision qui ne semble pas au premier abord
être le sujet qui nous occupe ici et pourtant,
cette scène toujours aussi déplorable
pour moi, quel qu'en soit l'époque, contient
bien des éléments de massages diffus
qui, même s'ils sont parcellaires ne doivent pas
pour autant être négligés. L'on
connaît mon opposition farouche à cette
pratique réductrice qui n'est rien d'autre qu'une
mutilation sexuelle et génitale attentatoire
et dégradante, sexuelle tout d'abord parce qu'elle
atteint la sensibilité du garçon jusque dans
ses sensations et dans la psychologie
de sa sexualité, elle la-lui modifie de fait,
et génitale enfin, parce qu'elle atteint l'intégrité-même
de l'organe qu'elle mutile généreusement
de sa protection naturelle. Cela ne serait rien si l'individu
était majeur mais là, non, on s'en prend
à des enfants parfois quelques
heures après leur naissance comme des primitifs assoiffés
par ce cannibalisme pédophilo-pénien. Ce qui est
d'autant plus insoutenable c'est que nous nous indignons
de l'excision qui n'est pas dans
notre culture juste parce qu'elle blesse indignement
les filles, alors que nous osons
encore la justifier, voire pire, la pratiquer chez le
garçon mineur sans que cela ne nous interroge
collectivement. Le pire, et cela constitue un des principaux
moteurs du néo-masculinisme
que je développe, c'est que l'on ose hiérarchiser
l'esprit-même de la mutilation en la subordonnant
à ce qu'elle pourrait nous laisser de plaisir supposé puisque
pour les femmes, ce plaisir est plus
ou moins supprimé selon ce qu'on laisse de clitoris. Voilà où
nous en sommes en 2018, à mesurer nos balafres
de mutilés modernes pour savoir qui de l'homme ou de femme serait
le plus meurtri. Donc, au lieu de nous satisfaire de
l'inanité de ces pratiques que plus rien ne justifie
aujourd'hui, pas même un phimosis Fig.
3. (ci-dessous, scène
de circoncision masso-compatibles) Planche LXVI Sur
cette planche LXVI provenant de l'ouvrage de Capart
et de Mathien, 1907 tome
2 p.131 Se satisfait-on archéologiquement à observer l'ablation ou la mutilation des fresques que nous étudions et ne nous désolons-nous pas de leurs pertes ? Alors pourquoi justifier celle des prépuces de ces nouveau-né ou adolescents pillés à jamais de leur intégrité corporelle ?
Circoncision et possible massage du pénis en post-opératoire. Fig. 4 (droits sur l'image inconnue) Si je m'applique à vous infliger ces descriptions peu amènes, ce n'est que pour amener la scène de droite qui pourrait consister en une sorte de masso-suivit postopératoire raisonnablement envisagé et hiéroglyphiquement étayé. Ci-dessus une photographie plus nette que je glane sur le web pour illustrer ce pan de mur mais qui correspond en tout point à la planche que nous étudions. Ici pour ce passage je ne vais pas me contenter
du texte ancien de Capart puisque Richard-Alain Jean a récemment
analysé le déroule de cette scène
dans Anatomie humaine. Le bassin – VIII. L’appareil
génito-urinaire de l’homme - Atlas (2), Atlas
chirurgical - La circoncision », dans Histoire
de la médecine en Égypte ancienne, Angers,
25 juin 2016 Le jeune homme qui est, soit le même quelque temps après l'opération, soit un autre, se tient résolument debout, devant celui qui est probablement chargé des soins nécessaires accompagnant la cicatrisation, il est nu, le sexe offert à ses manipulations et il se tient, la main posée sur la tête de l'auxiliaire comme si l'anticipation de la douleur précédemment subie, lui donnait la possibilité de le repousser à la moindre alerte. Puis, page 52 l'égyptologue belge ajoute : "Celui-ci manie un instrument dont le rôle n'est pas bien déterminé et dit au jeune homme : « C'est pour te faire du bien. »" [fort de café après avoir fait autant de mal (jugement de valeur toujours autant inapproprié dans une étude historique mais le reconnaître rend mon erreur à moitié pardonnée)]. Un des éléments que l'on peut puiser dans la culture égyptienne pour expliquer cette pratique c'est que Râ, le dieu du soleil dans la mythologie égyptienne, créateur de l'univers, s'était circoncis lui-même, de ses propres mains, et nous retrouvons comme souvent ce genre de rémanences religieuses, juridiques, médicales dont les bris se émergent, diversement disséminés dans nos sociétés. Je
ne peux m'empêcher ce parallèle entre l'astre
solaire prépuciale de cette période et,
l'alliance, brit, en hébreu,
que se propose de former la brit
milah,
des juifs qui adoptèrent ce même procédé
mutilatoire initié par Abraham Mais
enfin, que fait ce prêtre du double à
ce jeune homme ? Capart répond : "ce qu'il
fait est probablement indiqué dans le texte qui
se trouve au-dessus de l'opéré et que
nous voudrions traduire « racler
ou oindre,
ce qui est parfait. (1) » [et il termine
en écrivant] Le terme Juste après cette dernière proposition
traductive au demeurant juste, cette note (1)
de bas de page nous renvoie à
ce qui nous complique légèrement les choses
avec ce passage de "Macalister Alors, procédons par ordre. Sur la
première description il y avait cette interrogation
au sujet de la forme ovée
En archéologie il n'est pas nécessaire d'avoir une scène intègre pour savoir ce qu'elle représente ou en déduire ses composants puisque par recoupement, en convoquant d'autres figurations similaires de périodes proches et plus complètes, en disposants de textes, d'outils, on peut extrapoler. Capart
dit qu'il manie un instrument indéterminé,
seulement, si nous l'associons à ce « C'est
pour te faire du bien. » gravé dans
la pierre, peut-être sommes-nous autorisé
à en déduire qu'il s'agit soit d'une utilisation
moins invasive de couteau dont la fonction ne porterait
que sur l'exérèse du méat C'est
là qu'intervient cet extrait trouble-fête
de Stewart Macalister Pourtant, même s'il devait y avoir association entre cette circoncision médiane sémite et celle de cette période de l'Égypte, je ne vois pas en quoi cela changerait quelque chose en terme de bénignité. La section du prépuce où que ce situe le périmètre entamé devait constituer une douleur et des saignements identiques. Par contre, et là ce ne sont que des réflexions personnelle, je ne suis ni historien, ni égyptologue mais se pourrait-il que cette pratique demandée pour certains ait cohabité avec une autre version de circoncisions égyptiennes et que la scène de droite soit de cet ordre ? Les
hiéroglyphes La phrase traduite disait « C'est pour te faire du bien. » donc on ne fait pas du bien en coupant moins, on fait du bien, idéalement en ne coupant pas et dans cette situation, en hydratant la cicatrice à l'origine de ce qui, au contraire, avait fait terriblement mal et hydrater c'est masser.
Que signifie "ce qu'il fait
est probablement indiqué dans le texte"
? En tout cas pas qu'il ne le traduit que partiellement.
Jean Capart est un égyptologue reconnu et sur
ce registre nous n'avons aucun manquement de texte qui
pu lui compliquer la traduction. De plus le Département d'égyptologie
du CFDRM dispose à présent
de suffisamment de recule et de hiéroglyphes
répertoriés avec l'aimable concours de
Richard-Alain Jean pour comprendre
ceux-là.
Alors
bien sûr nous ne savons pas pourquoi cet assemblage
de signes fut employé pour former le mot oindre,
nous ne pouvons y aller de nos interprétations
que par association. Est-ce que le verrou pourrait symboliquement
enfermer, contenir ensemble à la fois l'élément
liquide de l'eau vue comme liant et la force motrice
de la perche mucilagineuse Donc il semblerait qu'après le premier geste chirurgical invasif de la première scène, nous soyons en présence sur la deuxième d'un suivit médical dont le protocole 'impliquerait' un massage circulaire post incision visant à hydrater, nettoyer peut-être, la cicatrice pour lui conserver son élasticité. Quoi
qu'il en soit, racler,
gratter
ou masser
sont des constituants du massage et là
nous ne les convoquons pas à la petite semaine
mais bien parce que le hiéroglyphe en présence
nous y invite en nous adossant à un ouvrage d'égyptologie
reconnue et autant dire que ce masso-détail ne
fut jamais étudié sous ce genre éclairage.
Il ne s'agit pas de découvrir les sources d'une
technique de soit disant massage égyptien
comme la mode nous le suggère aujourd'hui en
prenant d'ailleurs pour fragile exemple ce tombeau d'Ankhmahor
mais bien d'en extraire la moindre particule. Racler,
gratter ou masser sont des marqueurs,
les actants d'un massage basal. La dernière incise que j'aimerais faire est au sujet des prêtre du double qui sont en fait une sorte de congrégation sacerdotale dévolue aux offrandes du défunt. Ainsi, selon son importance sociale, ces prêtres viendront renouveler sa nourriture, ses vêtements mais aussi son mobilier soit à des dates fixes correspondant souvent à des fêtes religieuses, soit tous les jours afin que le mort ne manque de rien dans l'au-delà. Pourtant ces prestations ne sont pas que post-mortem mais peut avoir à s'occuper de jeunes gens des huit à dix ans ou bien encore sur des adolescents sur le point de se marier. Parmi ces fonctions nous l'avons vu "L'opérateur, qui est qualifié de prêtre du double, a soin de dire : « Tiens-le pour qu'il ne s'évanouisse pas (?) »" ce à quoi l'aide répond : « Fais à ton gré. »" Émile Littré, parle aussi des prêtres-médecins dans ses Oeuvres
complètes d'Hippocrate
1839-1861 1ère Ed.
Suppositive d'une massostatique Ce chapitre va s'employer à présent à lister les séquences qui nous concerne. Elles sont au nombre de quatre fois deux présentant à chaque fois un binome, soit huit personnages en séquence. Nonobstant, puisque la nature exacte de leur activité reste certainement discutable et discutée je persisterai à parler de masso-compatibilité afin de ne pas m'accaparer comme beaucoup ces scènes sous prétexte qu'elles serve mon projet. De plus, quoi qu'ils fassent, le massage ne peut qu'être que convoqué, sinon par une technique bien repérée et descriptible, elle s'impose par l'utilisation quasi obligée pratique constatable et mobilisant le toucher. Certes,
il nous faudrait de plus grandes photos
de ces portes sculptées, la représentation
de la pièce dans l'espace... Thierry Benderitter
nous donne sur son site http://www.osirisnet.net/why.htm une intéressante indication de l'état
global de ces tombes et de leur référencement
général qu'on croit méticuleux,
systématique et réuni dans une immense
base de donnée : « Toutes
les personnes qui s'intéressent aux tombes de
l'Égypte ancienne savent que, à quelques
exceptions près, elles sont inaccessibles de
nos jours. Les remarquables volumes de Bertha Porter
et Rosalind Moss ("le Porter & Moss")
qui leur sont consacrés font référence,
mais ils ne comportent aucune photographie.
Scène
masso-compatible n°1 Nous venons en effet d'aborder la partie basse de notre premier panneau Ouest et à présent nous allons nous concentrer sur celle qui est au-dessus, telle que je vous là reproduis en socle de ce paragraphe, fig. 6. En effet, nous sommes tellement impatient de nous retourner pour scruter les deux scènes que nous avons dans le dos et qui nous concernent probablement plus que nous serions tenter de la snober comme nous l'aurions fait avec celle de la circoncision dont l'étude de texte et du visuel nous a révélée une intéressante masso-entrée. Alors il faut bien reconnaître qu'elle est particulièrement dégradée et que la qualité des plaques photographiques ne nous aident pas. A ce titre, Capart nous demande d'ailleurs une bienveillance que nous lui accordons avec plaisir et reconnaissance lorsqu'il nous rappelle les conditions particulièrement compliquées qui furent les siennes pour fixer ces clichés en 1906, accompagné de son élève et ami, le docteur Charles Mathien. Mais
c'est pourtant bien en suivant le texte que nous lisons
cette précision de Capart : « Au registre
supérieur, nous n'avons plus qu'une partie des
représentations. M. Max Mûller propose
d'y reconnaître des opérations chirurgicales.
Cette conclusion ne s'impose nullement, comme on en
jugera d'après notre photographie. Nous y verrions
plutôt des scènes de massage
(3). » Nous sommes dans une publication de
1907 rédigée par le père de l'égyptologie belge
et ce n'est certes pas ici que nous nous attendrions
à lire ce genre de propos engageant le massage. Fig. 6 (Image distribuée par ©CFDRM et libre de droit non commerciaux) Alors
bien sûr il n'est pas aisé de la trouver
du premier coup sinon ce bras qui se saisi d'un autre
et qui, au regard de la planche suivante la correspondance
se tient tout-à-fait. Autant dire que sur cette
description il n'y a plus grand monde pour se précipiter
dessus et la brandir comme la preuve ultime du massage
dans l'Égypte ancienne, les suivantes ont eu
plus de succès même si la source fut réduite
à un artefact. N'est-il
pas tout aussi fragile que regrettable de voir l'ensemble
de la profession des
gens du massage comme
il existe des gens
du voyage se satisfaire
de cette seule et mince source au détriment de
toutes les autres ? Car enfin, vous ne pensez tout-de-même
pas que c'est la seule qui ait survécu ?...
Ce que Jean Capart
À propos des instruments médico-chirurgicaux
métalliques égyptiens conservés
au musée du Louvre,
par Richard-Alain JEAN
Éd. Cybele, Paris, 2012 TDM Fig. 7 (Image distribuée par ©CFDRM et libre de droit non commerciaux) Cette planche est intéressante parce que la plupart que nous avons eu à exploiter pouvaient toujours prêter à confusion en questionnant la nature de l'empoignade de cette main ou de ce pied, massage ou une pédicure ? Alors que là, l'homme le plus à gauche se penche et travaille résolument le genoux ou la cuisse de celui qui lui fait face, très probablement Ankhmahor assis, puisque c'est sa tombe. La main, voire, les deux bras d'ailleurs de ce probable masseur, semblent tendre tout entier vers ce service au prince. Le petit détail absolument ravissant c'est que, contrairement aux autres figures, cet homme n'est pas assis par terre mais sur un petit siège glissé sous ses fesses comme un intermédiaire tellurique qui pourrait bien rejoindre la liste du mobilier nécessaire ou rencontré en massage formant le set du masseur.
Scène
masso-compatible n°2 Précédemment nous avons vu que Ankhmahor était assis sur un siège bas alors que là, c'est le masseur ou l'officiant est assis sur un tabouret un peu plus élevé. Il est difficile d'en dire davantage tant le couple est martelé ou piqué, pourtant, les sculptures ne sont pas nécessairement dégradées par le temps ou lors des pillages dont les malfaiteurs, soucieux de ne pas être reconnus dans l'au-delà, mutilaient les visages des occupants histoire de soulager leur consciences et d'éviter la vengeance des morts. Les raisons sont nombreuses, la pierre devient soudainement très dure et peu propice à la taille, les tombes n'étaient parfois juste jamais terminées ou bâclées ou encore, le mort mourait trop tôt, ou l'argent venait à manquer, ou la disgrâce, quand ce n'était pas l'artiste engagé qui s'avérait peu consciencieux et savait que personne ne viendrait voir ce bout de fresque etc. Dans cet ouvrage Une rue de tombeaux a Saqqarah, Capart liste les incohérences, les profils mal exécutés, les formules stoppées nettes par manque de place, parfois même des éléments symboliques forts, liés au culte, sont inversés comme, dès l'entrée du tombeau d'Ankhmahor sensée être particulièrement soignée qui présente le défunt avec la jambe droite en avant alors qu'en Égypte, elle est considérée étant du côté du pays des morts et que c'est la gauche est de bon augure qui devrait être rectrice.
A présent, il ne nous reste plus qu'à nous retourner, je dirai enfin, sur ce que nous cherchions depuis le départ, à savoir, l'origine génésiaque de notre croquis virtuel, toujours immortalisé ici par de l'ouvrage de Capart et probablement né de lui d'ailleurs. En réalité, et j'aménage mes effets de surprises, dès qu'on entre dans ce qui passe pour être une sépulture d'excellente facture, immédiatement à gauche, notre oeil rencontre, subjugué, ces figurations que le massage disputera encore durant des siècles à la pédicure et la pédicure au massage. Nous nous retrouvons pourtant bien ensemble dans cet art de la toilette égyptienne magnifiquement rehaussé par nos deux pratiques, vectrices de bien-être. Donc
voici à la figure 8 notre fameuse vue d'ensemble
magnifiquement fascée Fig. 8 planche n° LXVII Capart 1907 - (Image distribuée par ©CFDRM et libre de droit non commerciaux) Avant de vous décrire les différentes positions des corps ventilés sur les murs de cette tombe et comparées à celles reportées sur notre papyrus de circonstance, lisons ce qu'en dit Jean Capart pages 52/53 pour avoir une bonne vue d'ensemble : «...au registre inférieur, à droite, un homme est assis sur le sol, les bras croisés ; il tend en avant un de ses pieds et le livre aux mains d'un pédicure, qui lui arrange les ongles. « Ne me fais pas de mal, » dit-il. L'autre répond : « Je ferai comme tu désires, prince. » A côté, symétriquement, un manicure soigne les mains du maître. Un petit registre intermédiaire est occupé par une série de trois coffrets, destinés évidemment aux ingrédients nécessaires à la toilette. Par-dessus, au milieu, le maître est assis sur le sol ; il livre ses deux mains à des aides, qui semblent les lui masser. Les légendes ont disparu à peu près entièrement ; il reste, au-dessus de la tête du maître : « .......vous ...... dépêchez-vous par ma vie » et la réponse que l'on peut deviner : « agréablement, mon cher ». Il n'est évidemment pas nécessaire d'interpréter les scènes sculptées dans cette entre-porte autrement que toutes les autres qui sont représentées sur les murs des diverses salles. Elles sont destinées à remplacer pour le trépassé les services réels qu'il avait eu au cours de sa vie afin que son âme puisse revenir du royaume des mort y puiser à volonté et retrouver, sur la terre, les serviteurs qui avaient été attachés à sa noble personne. Vous remarquerez combien Capart paraît assez tranché sur cette conjonction naturelle de soins connexes, avec une pédicure sur la gauche, une manicure sur la droite et en haut, si comparable à une coiffe royale : "[...]il (Ankhmahor) livre ses deux mains à des aides, qui semblent les lui masser.". Seulement cette phrase ne livre qu'une banale entrée sur le massage dans l'Égypte ancienne, déjà parce qu'une trace, aussi infime soit-elle de massage en provenance de ces contrées ne saurait être banale, ne serait-ce qu'au regard de son histoire, mais l'inférence conséquentielle qui se déroule sous nos yeux c'est aussi que, si cela s'avérait être juste, nous ne serions pas moins qu'en présence d'un massage à quatre mains dans l'Égypte ancienne et très probablement même, le plus daté qui soit. La planche n° 8 se distribue en trois binomes distincts que nous allons étudier l'un après l'autre en commençant par la division basse du panneau.
Je
vous superpose donc avec cet ensemble, pour la première
fois, trois visuels distincts, le natif (bas-relief
Ci-dessous une autre composition avec la version numérique du tableautin non inversée qui, là aussi, peut circuler sur le web ou sur vos sites web. Fig. 10 (Image distribuée par ©CFDRM et libre de droit non commerciaux)
Fig. 11 Étude de détail de la planche n° LXVII, base droite, fig. 12 Détail 1 Commençons
par disséquer la partie la plus visible du bas-relief
C'est là que se concentre l'ensemble des éléments iconographiques qui nous intéressent et où tout se passe. Le passage traverse de part
en part toute l'épaisseur murale dans une orientation
(Sud/Nord-Nord/Sud) pour faire communiquer deux de ses
salles. Les parois latérales fortement ouvragées
qui le délimite sont bien sûr au nombre
de deux. Fig. 12 (manipulation podale masso-compatible "inférieur droite") - (Image libre de droit non commerciaux, distribuée par ©CFDRM) Ce
personnage qui passe sa main sous son pli axillaire
est Ankhmahor Ce détail anodin présage de tout ce qu se passe par la suite parce qu'il illustre parfaitement le principe de différence de vue entre l'expertise de celui dont on subodore qu'il dispose d'informations qui nous échappent et la certitude de l'oeil du profane qui a tendance à ne voir que ce qui l'arrange. La par exemple, la position nous paraît tout-à-fait physiologique, habituelle chez l'espèce humaine et nous serions donc bien aise de nous en satisfaire mais l'égyptologue lui, peut-être en raison des connaissances acquises à force d'observer ce genre de profils sait quelque chose qu'il ne dit pas et lui permettant de n'y voir qu'un vizir se croisant les bras. Donc à qui se fier ? A notre observation naïve ou a celle de l'expérience ? Oui mais qui nous dit que l'expérience adosse ce qu'elle affirme sur une certitude qu'elle ne développe pas et non sur une supposition rapide qui n'aurait alors la même valeur que notre intuition ? Vous avez compris où je voulais en venir ? La dimension posturale intéresse notre sujet d'étude mais au-delà, qu'est-ce qui se déroule vraiment sous nos yeux ? Est-ce un massage tel que nous serions enclins de le penser ou est-ce une pédicure ayant ici la préférence de l'égyptologue ? «...au registre inférieur, à droite, un homme est assis sur le sol, les bras croisés ; il tend en avant un de ses pieds et le livre aux mains d'un pédicure, qui lui arrange les ongles. « Ne me fais pas de mal, » dit-il. L'autre répond : « Je ferai comme tu désires, prince. » Le Maître a tranché, il s'exprime par l'affirmative, pourtant, ce qui nous dérange quelque peu c'est qu'au regard de la tenue de l'auxiliaire attaché aux soins supposés des pieds du Prince, aucun outil n'y est associé. Capart répond à cela : « [...] Un petit registre intermédiaire est occupé par une série de trois coffrets, destinés évidemment aux ingrédients nécessaires à la toilette. » A ces trois coffrets nous dédions un chapitre mais ils seraient là en gros pour contenir tout ce qui sera utile à la toilette d'un homme de cette qualité et Capart en déduit assez naturellement qu'ils doivent contenir les éléments de la pédicure. Mais alors pourquoi exposer une pédicure sur deux tableaux sans ses ustensiles sous prétexte qu'ils seraient rangés cela n'a pas de sens. La scène de circoncision qui lui fait face brandit bien un instrument de coupe ? Alors pourquoi n'en est-il pas de-même pour la coupe des ongles ? Ne pénis n'a-t-il pas la même taille que les doigts ? Bien sûr, la circoncision serait moins lisible avec un homme à genoux devant le sexe d'un autre sans un couteau armant une main mais ne peut-on pas en dire autant de la pédicure ? Nous
pourrions dire la même chose du massage
puisqu'aucun onguent n'est davantage représenté
ni même cité, mais ne serait-il pas juste
alors de répondre que s'occuper de pieds en vu
de soins divers sans matériels est bien plus
incongru que de masser sans huile par simple
acupression
? Que peut être une scène de pédicure
sans le moindre petit grattoir alors que la circoncision
exhibait plus haut maniait un couteau au point de se
demander si le prépuces du jeune
garçon ne serait pas lui-même figuré
entre les doigts de l'étêteur ? Les deux
scènes de posthectomie à divers degrés
disposaient de leur matériel quitte à
nous mettre en situation de ne pas savoir de ce dont
il s'agissait, alors pourquoi la pédicure ne
présent rien ? Dans l'étude du deuxième
binome l'auteur dit : "ce qu'il fait est probablement
indiqué dans le texte qui se trouve au-dessus
de l'opéré et que nous voudrions traduire
« racler
ou oindre,
ce qui est parfait. (1) » [et il termine
en écrivant] Le terme
Regardez combien le préposé au service d'Ankhmahor se tient résolument droit, élégant, il ne regarde pas ce qu'il fait mais au loin, comme pourrait parfaitement s'en accommoder le modelé de bien des massages, certainement pas une taille d'ongles. Nous comprenons bien qu'il s'agit ici d'une représentation figurative stylisée dont le réalisme n'est pas l'objectif mais la thèse de la pédicure ne dispose pas de tant d'éléments que cela lui permettant de prendre le pas sur le massage. Capart explique que pour parvenir à leurs fins visuelles les égyptiens prennent fréquemment des libertés surprenante avec l'anatomie, la physique et même les impératifs du culte. Si le tailleur de pierre veut faire ressortir une scène qui se passe derrière un personnage au premier plan, il n'hésitera pas à la rendre visible au travers de celui-ci. Rien que sur la figure 13 vous remarquerez l'entrecroisement du pied et de la main laissant apparaître l'un et l'autre comme en transparence alors comment de telles initiatives contraires à toutes les règles de la nature pourraient justifier l'absence d'un matériel de pédicure ? Nous verrons plus loin la nature du texte hiéroglyphique qui se trouve au-dessus.
A mon sens, il s'agit d'avantage d'un soin
rituel au vu de la formulation convenue des corps en
représentation et non une scène de la
vie quotidienne et oisive d'un dignitaire égyptien.
Cette sépulture ressemble à un livre de
médecine de pierre enfermant son potentat à jamais dans la minéralité
de ses pages tout en nous révélant les
soins qui lui étaient prodigués.
Étude de détail de la planche n° LXVII, base gauche, fig. 14 Fig. 14. (Image libre de droit non commerciaux, distribuée par ©CFDRM) Sur ce montage issu du même pan de porte que sur la figure précédente, présente ici le binome de gauche beaucoup plus dégradée. La restitution contemporaine a tout-de-même souhaité restituer l'ensemble d'autant plus symbolique qu'il exploite à la fois une manipulation des mains et des pieds. Pourtant ce papyrus moderne ne c'est ici pas contenté d'inverser l'image mais a pris le parti de changer les rôles, de faire du maître le serviteur et du serviteur, le maître. Sur ce montage n° 14 la version numérique est encore une fois replacer dans le sens originel de la source comme pour la précédente mais vous pourrez constater la confusion qui s'opère avec les personnages restitués. Regardez les genoux qui se sont levés en vis-à-vis sur la version peinte, le personnage en clair est Ankhmahor accompagné de son manipulateur peint en foncé qui présente un tibia rigoureusement droit et bien moins relaxe que son maître ; il tient la main sur laquelle il intervient. Si nous passons à l'arrêt sur l'image native que nous avons fait d'après le livre de Capart, c'est l'inverse qui se passe. Le massé est celui dont la jambe est droite et semblable à la représentation classique d'une autorité, d'un rang, et c'est le masseur qui a quasiment disparu à gauche qui présente une jambe lâche. Pour s'en convaincre, il suffit de fixer le chevauchement des mains qui s'inversent d'une vignette à l'autre. Sur le panneau quadri-millénaire, la main gauche d'Ankhmahor a disparue dans celles supposées en prendre soins, sur l'image numérique, le maître est devenu le masseur. Mais
enfin, qui serait Ankhmahor
sur ce cliché ? Personnellement je pencherais
contre toute attente pour la version numérique
en raison de ces multiples confusions et approximations
d'artiste antique. Je pencherais pour une distribution
latéro-totémique du prince adossé
de chaque côté du panneau général
et les deux factotum Là aussi la question se pose, que pratique ce subordonné sur son illustre client (maître bien sûr) ? Lui taille-t-il les ongles (pas d'outil visible), lui oint-il les mains selon un rite bien précis, le soigne-t-il ? S'il s'agit d'une manucure comme le suggère Capart page 52, « A côté, symétriquement, un manicure soigne les mains du maître. » ne se doublerait-elle pas d'un massage ? A quelle partie du soin assiste-on ? Quoi qu'il en soit, observez l'extraordinaire poésie de ce jeu de mains et dont celle du manipulateur couvre jusqu'au poignet celle d'Ankhmahor. Cela provient du fin fond de l'antiquité, prenez le temps de scruter les détails des doigts desquels se détache même le pouce. Ils se rejoignent dans le grain quasi tégumentaire de la pierre travaillée par un de nos ancêtres, lui-même sculpteur-masseur, dont les ciseaux étaient le prolongement de ses doigts massant ce bloc jusqu'à se qu'il en fasse ressortir un prêtre-médecin ou un médecin-masseur de pierre, contemplé, décrit, 4300 ans plus tard, en juillet 2013, à 16:27 par un masseur-chercheur qui à son tour plongera dans la mort, moi, Alain Cabello-Mosnier. Laissons là toute la base de cette
partie du tableau funéraire avec lequel nous
en avons terminé et levons les yeux vers la dernière
scène dite de chef
Étude de détail de la planche n° LXVII, haut, fig. 15 « Par-dessus, au milieu, le maître est assis sur le sol ; il livre ses deux mains à des aides, qui semblent les lui masser. » page 52. Fig. 15. (Image libre de droit non commerciaux, distribuée par ©CFDRM) Ici réside probablement la restitution la plus probante de massage pour Capart et la moins séduisante pour nous, car, que la manucure soit proposée pour ce tableau arguant que la présence éventuelle de matériel était dissimulée par la forte granulométrie du panneau. Le jeu de main est bien plus trouble et pourtant, c'est avec lui qu'il décide de parler de massage. Ce qui me dérange dans ses développements, comme d'autres seront dérangés par les miens dans le futur, n'en doutons pas, c'est qu'il parle des scènes précédentes de façon beaucoup plus affirmative qu'avec notre exemple où il emploie le conditionnel « [...] il livre ses deux mains à des aides, qui semblent les lui masser. ». Alors, il faut bien retenir que l'égyptologue belge ne fait que passer sur cette planche comme sur les autres, il ne donne pas la priorité à celle-ci. Certes, il l'a décrit, mais ne s'en fait pas le spécialiste. Son travail si nécessaire et pour lequel je n'ai que gratitude fut publié en 1907 et la refonte de mon article écrit en 2013 se poursuit en cette fin septembre 2018 ce qui, fait cent onze ans. Notre génération, aidée du web, de quelques amitiés bien placées fait partie de celle qui considère que n'importe qui aujourd'hui, peu devenir expert en son domaine si tant est qu'il s'en donne, temps et moyens. Mon travail au sein du CFDRM de Paris, la constitution de ce département dédié à l'égyptologie au regard de la masse d'informations que je commence à accumuler, me permet, en tant que contemporain vivant et praticien en nos arts, de proposer à mon tour, cette synthèse amendable. Le
personnage assis semble avoir deux masses, une
située sur son sexe, l'autre à ses
genoux.
Sans doute s'agit-il d'une dégradation quelconque
mais il me plait moi d'y voir un oreiller.
Les captures précédentes nous ont proposé
à deux reprises un tabouret
pour que personnel et maître s'y asseyent, et
bien après y avoir posé leurs fesses,
je veux que ces deux oreillers puissent permettre d'y
poser les mains. Guillaume
J. H. J. B. Le Gentil de la Galaisière,
dans son Voyage dans les Mers de l'Inde, Ed.
Imprimerie Royale EO
de 1779 - 1781 et qui sera un des rares auteurs du 18eme
siècle à écrire sur le massage et à
en employer le terme dans le tome 1er TDM
L'homme semble ici lever les deux bras vers ses deux auxiliaires qui, à l'instar de celui de gauche subodorera-t-on, s'emparent d'une main. Si il s'agit d'un massage alors nous pouvons imaginer qu'ici une huile parfumée est employée et détruite, et que, quoi qu'il en soit, l'attention accordée au maître fut moins cruelle que celle réservée à sa fresque. Malheureusement, il nous manque la suite de la vue, il nous faudrait des plans larges et quelque chose de bien plus précis, même si ce qui est perdu est perdu. Parmi ce qui est redevenu poussière il y a les textes afférents, « Les légendes ont disparu à peu près entièrement ; il reste, au-dessus de la tête du maître : « .......vous ...... dépêchez-vous par ma vie » et la réponse que l'on peut deviner : « agréablement, mon cher ». ». Le texte pour le coup ne nous semble pas très raccord avec un moment de repos et me laisse dubitatif.
Vous aurez remarqué ma réticence naturelle à parler clairement de massage dans ce tombeau qui semble pourtant présenter tous les éléments les plus convainquant qui soient pour un passionné tel que moi. Mais alors, pourquoi est-ce que je préfère employer le conditionnel ou des formules telles que masso-compatible, massoïde etc. ? Parce que je veux rester le plus factuel possible. Je vous apporte les informations que j'ai, les compare, propose mes propres développements, je vous les mets en perspective mais en aucun cas je ne saurais me placer dans une affirmation coupable et gratuite qui pourrait m'être légitimement reprochée si quelques découvertes ultérieures ou inconnues lors de cette rédaction venaient infirmer mes dires. Le conditionnel rend la proposition orientable comme pourrait l'être un spot. Vous braquez vos projecteurs, vous listez les informations que vous avez, vous les communiquez, et à partir de là, le livre devient un catalogue parmi d'autres et non une bible incontestable. Que votre lecture soit récréative ou dans une démarche de travail, vous devez toujours garder un esprit critique et ne jamais vous contenter des sources que je vous donne sans aller en chercher de nouvelles et sans vérifier celles que je donne. Là où l'erreur est systémique, la vérification est apotropaïque.
En toute logique, ce chapitre aurait du s'intercaler entre les figures n°14 et n°15 mais je voulais garder à ces suites une certaine ligne directrice involutée autour de l'idée de corps alors qu'ici nous abordons le mobilier. A
dire vrai, dans cet article que je vous propose il y
a deux masso-entrées
de formes distinctes, celle inhérente au tombeau
d'Ankhmahor
Fig. 16. Détail du bas-relief médian
du passage de la salle 1 à la 6 (côté
Est) du tombeau d’Ankhmahor, vizir du pharaon Téti
- VIe dyn. vers -2323 à -2291 av. J.-C. Souvenez-vous de la planche
fascée
« Un petit registre intermédiaire est occupé par une série de trois coffrets, destinés évidemment aux ingrédients nécessaires à la toilette. ». Alors je reconnais bien volontiers qu'un oeil profane peu habitué à la forme de ces coffres communs au mobilier civil et funéraire pourrait spontanément les prendre pour une simple frise de séparation destinée à distinguer deux tableaux et non cette délicieuse et excitante certitude qu'il put s'agir de coffres remplis d'objets et qui plus est, destinés à la toilette. C'est là un des avantages que l'on a à se pencher patiemment sur ce genre de publications pour s'en fendre d'une synthèse comme je le fais ici. Qu'ils soient présent dans une tombe, restitués par une photographie et mentionnés dans un texte dédié dans lequel on nous décrit précisément une probable pédicure/manicure et/ou massage, ne nous aurait jamais permis de rêver mieux. Seulement bien sûr, il n'existe pas de sarcophage dédié à la réponse de toute chose comme il y eu un Sphinx pour Œdipe, car celui-ci ne s'ouvrirait jamais que sur une succession d'autres interrogations... La question n'est jamais qu'une momie qui la pose et la réponse, un Sphinx qui se tait ou des hommes qui n'entendent pas la réponse. Donc, maintenant que ces boîtes sont identifiées, la question hystérisante serait : qu'est-ce qu'elles pourraient bien contenir en terme de masso-éléments ? L'un deux ne pourrait-il pas être un Saint-Jean des massages ? un set pour masseurs ou de masseuses ou autrement dit, que contiennent ces coffrets qui puisse être associé à notre profession ? Car, si massage il y a, point de massage sans petit tabouret comme celui représenté dans le tableau le plus dégradé au-dessus de la circoncision, sans huiles salvatrices, adoucissantes, peut-être même sans petit oreiller. Même s'il est impossible de répondre à cette question, ce mobilier a nécessairement contenu ce que nous recherchons et il n'était pas envisageable de passer, d'une scène de manipulations à l'autre, en enjambant ces trois nécessaires dévolus à l'hygiène, au confort et à l'esthétique.
La nature du texte hiéroglyphique Nous avons passé en revue la partie figurative et rapidement survolé celle de l'écrit avec le chapitre Racler ou oindre que je ne compléterai pas davantage, néanmoins, je voudrais tenter d'épuiser plus durablement tout le reste du sujet hiérogliphique portant sur les ensembles en présences puisque des questions subsistent. Pour se faire je m'appuierai sur ma bibliographie propre, mes travaux antérieurs, des rapprochements plus illatifs et en toute fin, j'exercerai la patience de mon acolyte de choix, le docteur Richard-Alain JEAN.
Commençons par nous pencher sur les deux phrases qui émergent à la figure n°8, chapitre Scène masso-compatible n°3 avec ce passage où Ankhmahor dit, toujours selon Capart, p. 52, « Ne me fais pas de mal », ce à quoi le praticien répondrait : « Je ferai comme tu désires, prince. ». La première injonction semble instaurer une sorte de discordance entre sa formulation abrupte et la douceur intrinsèque purement occidentale que nous persistons à vouloir retenir du massage. Il n'est peut-être pas inutile de rappeler la dureté parfois surprenante de certaines pratiques comme le shiatsu, la réflexologie plantaire, palmaire exerçant des acupressions qui peuvent être parfois douloureuses, ou bien encore le massage turc réputé très physique et nécessitant des manipulations fortes, pouvant amener la personne manipulée à demander plus de clémence, de douceur. Nous connaissons tous cette étrange expression populaire et incantatoire qui souhaite ne pas se faire "déplacer" quelque chose... Donc elle ne me semble pas incompatible avec le massage. Au sujet de la réponse finale « Je ferai comme tu désires, prince. » nous avons isolée une divergence traductive avec une autre source mais bien moins sûre, glanée celle-là sur le web et plusieurs fois rencontrée sur des sites de réflexologie qui me semblait devoir d'être citée ici puisqu'elle est récurrente. Ce qui m'a, dès le départ posé problème, c'est qu'elle accompagnait régulièrement la version numérique que je m'emploie justement à éclairer pour vous et ce, sans citer, ni le statut reproductif du visuel, ni son origine funéraire, ni l'auteur de la traduction suivante : “Je ferais en sorte que tu me remercies”. J'ai donc suivi quelques pistes qui m'ont conduit à un blog que je qualifierais péjorativement de très peu crédible, ayant pour toute supposée référence qu'un vague 'Institut de Papyrus au CAIRE'. Étrange nom à la syntaxe douteuse pour une soit-disant institution égyptienne qui, si elle avait existé, aurait été opportunément mise en avant par quelque adresse ou lien hypertexte. De plus, ce très générique Institut de Papyrus laissait de fait supposer qu'il existait un original autre que cette tombe alors que nous avons clairement démontré que c'était faux. Aucun
support scénographié de quelque type que
ce soit, mobilier du quotidien ou funéraire,
bas-reliefs, (papyrus authentiques et/ou ostraca L'officine
qui revient le plus souvent avec cette appellation dito
Concernant
la dernière incise, je m'en tiendrai donc à
la version de notre égyptologue belge, Jean Capart
somme toute pas si éloignée mais sourcée, que
Richard-Alain Jean, égyptologue français
celui-là et vrai docteur, trouve en effet
assez plausible. Nous pouvons aussi dire que,
sous certains aspects, elle se rapprocherait assez du
“Avant tout ne pas nuire (primum non nocere
Enfin,
je me demande si le ton général de cet
échange et la traduction qui en est faite ne
serait pas finalement le seul élément
circonstancié qui ait poussé Jean
Capart
Soyons clair, si il est certain que notre papyrus vient bien de ce mastaba et probable que sa source d'inspiration vient de l'ouvrage de Capart, rien ne nous prouve en étudiant factuellement les deux scènes qui nous sont proposées, que nous avons vraiment devant les yeux un massage ou même un soin des ongles avec cette séquence mortuaire... Le seul hiéroglyphe tangible c'est celui que nous avons décrit plus haut et qui s'articulait autour d'un soin postopératoire, pourtant, si l'on cumule les éléments visuels des bas-reliefs, les publications dont on dispose avec celles de Capart et de Jean, si l'on rassemble ces faisceaux, si on les éclaire à la lampe à huile doucement romantique de nos professions, alors la place du massage est ici incontestable, je m'explique. Richard-Alain
JEAN
nous rappelle que pour les anciens, ces scènes
représentaient une "perspective de vie dans
l'au-delà" et là où nous,
nous ne voyons qu'un "monument de mort", pour
eux, c'était davantage perçu comme un
"monument de survie". Ils représentaient
ce qu'ils avaient besoin d'avoir au-près d'eux,
la médecine en faisait partie et la toilette
aussi jusque dans ses frictions
utiles. Dans
le cas présent, faute de textes qui nous le spécifient
sans qu'aucun doute ne soit permit, nous en sommes réduit
à déduire des scènes possibles,
approchantes, probables, plésiomorphes La difficulté de trouver des preuves matérielles de massage dans l'Égypte ancienne se retrouve de la même manière sur des périodes pourtant plus proches comme le Moyen-âge français qui ne nous laisse somme toute que peu de matériaux, et en l'absence de textes, de mobiliers particuliers à sa pratique, il est difficile à prouver matériellement. Peut-on imaginer qu'en mille ans aucun noble français ne se soit jamais laissé enduire d'huile, frictionné ? Qu'aucun valet n'ait assouvit les plaisirs de son maître allongé et paresseux sous des doigts qui n'attendaient plus que l'onctueux passage à venir ? La pédicure ou la manucure dans leurs acceptions larges portent en germe la gestuelle et les nécessités du massage ne serait-ce qu'au regard de l'obligation d'assouplir des cors, de repousser la cuticule qui recouvre l'ongle. Le soin primaire découlant pourtant de la beauté peut-il être laissé comme cela à peine l'ongle taillé ? Comment le plaisir que l'on ressent à se faire laver les cheveux et que l'on voudrait qu'il ne cesse jamais, puisse échapper aux soins des mains et des pieds chez un peuple aussi raffiné et des gens aussi riches ? Vous êtes un prince égyptien avec une kyrielle d'esclaves et de serviteurs et jamais il ne vous passerait à l'esprit de faire prolonger votre oisiveté, votre fatigue par le massage ?
Pédicure et manucure, quelle lecture en faire ? «...au registre inférieur, à droite, un homme est assis sur le sol, les bras croisés ; il tend en avant un de ses pieds et le livre aux mains d'un pédicure, qui lui arrange les ongles. « Ne me fais pas de mal, » dit-il. L'autre répond : « Je ferai comme tu désires, prince. » Jean Capart pages 52. Pour être honnête, la pédicure comme la manucure sont difficiles à isoler d'un massage et inversement mais la récurrence des tableaux et des positions ne laissent que peu de doute sur l'alternance des deux. La pousse kératinique nécessite une taille de l'ongle régulière que panneau de la fig. 9 suffirait à lui tout seul à formaliser sans qu'il soit justifié d'en rajouter un second au-dessus et un troisième en vis-à-vis à l'Ouest, fig. 6.
Dans
les pièces que nous nous efforçons de
collationner autour de la thématique du massage,
pédicure et manucure font parties de ces professions
et pratiques hautement masso-compatibles
et historiquement bien représentées. Podologues,
barbiers,
coiffeurs
et masseurs constituent
une sorte de condominium
Représentation hiéroglyphique possible du mot manucure Si
nous considérons les hiéroglyphes tels
que ceux auxquels j'ai pu avoir accès sur ce
site et plus spécifiquement dans ce passage cémétérial
dédié y compris ceux restitués
sur le papyrus, aucun élément ne vient
étayer la présence effective d'une pédicure,
d'une manucure. Certes, Capart l'évoque en 1907,
ça reste une mention historique mais cela ne
saurait suffire, c'est juste une possibilité
forte, une hypothèse, mais comme toujours, on
en est réduit à travailler par rapprochement.
A cette époque ils connaissaient la manucure,
un symbole
pourrait même lui être associé, (je
parle au conditionnel et après de nombreux échanges
avec R.-A. Jean) le signe hiéroglyphique
fig. 18, représentant la partie antérieure
d'une patte avec des griffes serait en mesure de correspondre
à la désignation de personnes s'occupant
des ongles
et donc des manucures mais encore une fois, tout cela
reste très ouvert et discuté.
De plus, Richard-Alain Jean nous rappelle que les égyptiens intervenaient sur les muscles par le biais de manipulations digitées (muscle en égyptien se dit mtw (lire métou) = muscle) et ils utilisaient aussi des intermédiaires tels que des pommades, des onctions ce qui implique du massage. Ainsi, soins musculaires et onctions sont le cocktail de base de l'apprenti masseur ; donc une manucure nécessaire et des soins des mains passent par le plaisir, le bien-être, par le massage. En
même temps, sur ce panneau, nous avons bien un
homme officiant sur le pieds et les mains d'Ankhmahor De la même manière, peut-on envisager qu'un simple soin soit gravé sur les murs d'une tombe ? Oui, nous l'avons vu, les égyptiens voulaient retrouver dans la mort leurs joies passées et les gestes salvateurs mais peut-on imaginer qu'une manucure sèche soit gravée sans que le raffinement de l'acte aboutisse à un massage ? Les égyptiens passent pour être un peuple assez sensuel, leur vie, leur art, leur panthéon religieux en témoignent et ont fasciné le monde, le massage est également un raffinement extrême, si une scène de manucure à pu arriver jusque dans l'intimité d'une sépulture alors pourquoi l'art bien plus complet du massage avec tout ce qu'il entend de soins, de relaxation mais aussi de plaisirs plus sensuel, voire, sexuel, resterai-il à sa porte ? Le
massage n'est-il pas justement un de ces arts
que l'on souhaiterait emmener avec soi dans l'au-delà
pour que cela se poursuive ? Alors pourquoi ne dispose-t-on
pas de maître langoureusement allongé sur
sa couche se faisant masser comme nous l'entendons
? Les traces de massages remontant à l'Égypte
ancienne que nous retrouvons et relayons sur ce site
ne se limitent pas à ce seul tombeau mais aucune
n'est complète ou n'abouti à la représentation
que nous comprenons aujourd'hui. Le dernier argument
que je convoquerai c'est qu'au vue de la permanence
de la pousse des ongles et de leur entretient il était
probablement plus pertinent d'emporter une aide symbolique
dans la mort pour continuer à ce le faire faire.
Ça n'allait pas être Ankhmahor
en personne, un des vizirs Si manucure et pédicure se limite à la coupe des ongles et accessoirement le traitement de quelques oignons, je ne pense pas qu'il soit justifié pour cela d'y dédié tout un passage fait de diverses scènes.
Aucun
hiéroglyphe traitant de pédicure n'est
mentionné dans la tombe d'Ankhmahor mais ce n'est pas le cas pour le massage puisque
nous avons Racler
ou oindre avec
In fine, ce qui est ironique et si l'on s'en tient aux explications de Capart au sujet des tableaux exprimant le massage à savoir celui du haut, c'est qu'aucun des deux représentés sur la version numérique façon papyrus ne sont les bons puisqu'elle désigne ceux du bas. La version colorisée s'est emparée des scènes de manucure et de pédicures en meilleure état et non de celle supposée restituer le plus clairement le massage d'Ankhmahor. Ainsi, si la source d'inspiration de cette version fut probablement issue de cette planche n° LXVII de Capart/Mathien, le texte en tout cas ne fut pas lu.
Un peu d'ordre dans quelques assertions fausses ! J'ai croisé durant mon enquête de nombreuses inexactitudes, certaines involontaires, d'autres intellectuellement contestables, voire, franchement opportunistes, qui, je l'espère, trouveront avec ce travail une résolution plus sûr. Dès que l'on questionne la toile au sujet d'Ankhmahor en association avec une éventuelle pratique primitive de massage dans son acception générique (Ankhmahor/massage) ou élargie aux pratiques sur les pieds ou les mains, nous constations un accaparement rapide et abusif de la prestigieuse adresse égyptienne avantageusement domiciliée dans un mastaba dont la magnificence semble pouvoir valider toutes les thèses et ce, d'autant plus que la vérification est ardue. Je le confirme, cette initiative en perpétuelle expansion m'a fait me sentir invariablement insuffisant et assez systématiquement approximatif, m'obligeant à toujours aller vérifier, comparer, annoter, demander des explications, me laisser corriger car, là nous rejoignons le carrefour très fréquenté de l'histoire, de la linguistique, de l'anthropologie et de bien d'autres. Que le résultat soit incomplet, je n'en doute pas et en matière d'égyptologie il le sera toujours mais est-ce une raison suffisante pour ne pas le commencer ?
L'imposture du couple Ed et Ellen Case Des traces de réflexologie auraient été découvertes par le couple Ed et Ellen Case (FAUX). Voici une des pépites découvertes au détour d'une de mes recherches sur le web affirmant qu'une trace de réflexologie rien moins qu'égyptienne aurait été identifiée dans le tombeau d'Ankhmahor par le couple Ed et Ellen Case. Certes, sur un CV, ça fait de l'effet mais reste à savoir si cela résistera longtemps à l'épreuve des faits ? Plus
c'est grotesque plus ça semble vrai. Lorsque
c'est faux et que quelques autorités le prouve,
ce n'est alors que le travail sournois des forces médicales
en oeuvres contre le massage. Seulement moi je
ne suis ni médecin, ni le très contestable
Ordre des kinésithérapeutes et pas non
plus parmi les moins actifs pour avoir dénoncé
leurs corruptions intellectuelles conjointes comme ces
lois iniques nous spoliant sans vergogne durant des
décennies du mot massage en France mais
là, les outils que me procurent le CFDRM de Paris
me donnent une vue panoptique Ce qui n"était que timidement présentée au tout début de XXe siècle comme une scène possible de pédicure, fig.°9, est vite devenu un massage certain et là où le massage était réellement mentionné, fig.°15, il est devenu inexistant parce que méconnu ou dégradé. Puis, non content de la confusion possible qui s'opérait en omettant les sources, nous sommes ainsi passé du binome pédicure/manucure à la preuve quasi irréfutable d'une réflexologie plus complexe qui répond pourtant à des caractéristiques qui sont loin d'être constituées ici. Je préciserai également que, si la réflexologie (elle-même contestée) peut être réduite à un massage des pieds thérapeutique, masser les pieds n'est pas nécessairement de la réflexologie. Ainsi
parmi les informations erronées que j'ai pu isoler
sur le massage il y a cette rumeur doucement
opportuniste affirmant que ce serait un couple américain
du nom de Ed et Ellen Case, de Los Angeles, qui, en
1979 aurait découvert et/ou revendiquerait
cette jonction entre fresque d'aître Je
n'aurais pas la cruauté de citer ici jusqu'à
cette supposée "école de réflexologie"
en France qui véhicule sur son propre site _en
tout cas jusqu'à la publication de ce chapitre
que j'ajoute en ce 29 septembre 2018_ ce genre d'allégation,
mais il est regrettable que même ceux et celles
qui ont décidé de faire oeuvre de pédagogie
n'y regardent pas de plus près avant de s'exposer
de la sorte. Est-ce que tout le reste de leur matériel
pédagogique est de la même qualité
? Le drame là-dedans c'est que d'autres s'en
emparent à leur tour forts de l'autorité
qui en émane et ce qui n'était qu'un orgueil
américain passablement marketing à vouloir
faire croire pour se faire valoir, devient une faut
qui s'habille d'erreur, puis une vérité
visciée et systémique qui se propage. Ensuite, bien sûr, tout est possible en égyptologie comme ailleurs, nous avons déjà vu des novices faire par hasard ou par oeuvre d'assiduité des observations pertinentes, décisives, après tout, moi-même ne suis-je pas masseur et architecte du Massage-Français ? mais, lorsqu'on avance quelque chose, nous devons citer les sources associées et si nous n'en avons pas, nous poser les questions qui s'imposent et développer nos hypothèses autour d'elles. Quelles
ont été les miennes ? Il suffit de lire les documents de l'époque pour avoir les éléments de réponses qui les effacent implacablement de cette revendication.
Il s'agit de Wilhelm Max Müller (1862-1919) et malheureusement il ne cite pas l'ouvrage mais cela prouve bien que le fait massage était connu bien avant. Ce
qu'il serait intéressant de savoir c'est comment
c'est passé la jonction entre pédicure
& massage quasi originellement cités
à massage générique devenant
une réflexologie revendiquée ? Il faudrait
pour cela savoir de quelle réflexologie
nous parlons et si réflexologie en anglais
ne dispose pas d'une acception particulière,
après tout, en France, n'est-il pas devenu le
mot-valise pour parler de massage
des pieds ou des mains ? Parle-t-on de
réflexologie par traitement des zones
réflexes teintée d'influences
comme la réflexologie
chinoise, réflexologie
thaï ou de réflexologie simple
synonyme abusif comme nous l'entendons encore trop souvent
? Certains s'avancent même jusqu'à oser
parler de réflexologie
égyptienne puisque là aussi
plusieurs écoles s'affrontent. Il s'agirait donc
de savoir quels sont les éléments matériels
factuels qui permettent ces assertions. Ont-ils eut
accès à des textes cémétériaux,
à des papyrus, à une littérature
spécifique qui l'atteste ? Si oui lesquels. La
réflexologie elle-même est contestée
dans ses fondements historiques et scientifiques, alors
d'un point de vue pratique, il serait plus pertinent
de se consacrer à l'étude des faits avérés,
s'ils existent, plutôt que de surenchérir
à coup de sépultures égyptiennes
et d'allégations mikado L'ouvrage
de J. Capart n'est pas une publication grand public
mais il revendique quand même en introduction
de faciliter le repérage des égyptologues
comme des touristes qui, une fois sur place ne voient
rien de ce qu'ils pensaient trouver. En effet, sans
indication, il est difficile de se repérer avec
tout ce sable. Il n'est donc pas impossible que ce couple
soit tombé dessus d'une façon ou d'une
autre, écrite ou documentaire à la télévision
américaine. Alors, ce qu'ils n'ont pas découverts (une réflexologie) peut-être on-t-il seulement redécouverts ou découvert pour leur profession (des manipulations qui pourraient s'en rapprocher), avoir eu l'impression d'être parmi les rares initiés à le savoir avant les autres et auront-ils voulu s'en faire les rapporteurs légitimes au sein de leur sphère socio-professionnelle. Peut-être que l'événement que cela a pu représenter dans le microcosme de la réflexologie a suffit pour qu'au regard des influences magico-religieuses de cette période on en tire d'hâtives et regrettables conclusions. N'étant pas anglophone il m'est difficile d'accéder à la littérature de cette époque mais je sais combien les initiatives personnelles aux usa sont souvent marquées par des intérêts commerciaux bien senti qu'il faudrait, si tel est le cas, savoir déjouer.
Ankhmahor ou la réflexologie, en tout cas, un des deux daterait de 2330 av JC. (FAUX). Nous
l'avons vu, la réflexologie, telle qu'entendue
aujourd'hui et déjà elle-même très
fragile dans ses fondements, ne peut être sérieusement
constituée ici et ce qui ne tient pas en terme
de datation pour elle ne tient pas davantage pour la
sépulture. L'absence de conditionnel dans l'affirmation
de dates aussi lointaines est une erreur que nous constatons
souvent. Le tombeau d'Ankhmahor
remonterait, au alentour, de 2330 av J.-C. Même
l'arrivée au pouvoir du roi Téti
Soyons clair, aucun des deux n'est précisément de - 2330. Déjà pour ce qui est du bâti, aucun égyptologue s'aventurerait sur une datation aussi précise alors qu'il n'y a pas d'éléments matériels dans le caveau pour l'attester. Comme vous pouvez le constater sur le cliché ci-dessous Fig. 20, il est affiché C ~2340 ans. C correspond à l'abréviation latine de cira signifiant vers ou environ. L'égyptien
de cette époque est une langue considérablement
plus morte que le latin parce que bien plus lointaine
et plus du tout utilisée comme le latin peut
encore l'être en pharmacie ou dans la taxinomie
Ensuite, prétendre dater une pratique en allant chercher dans l'histoire quelque chose qui s'en approche alors que celle-ci ne parvient pas à établir dans son siècle est l'illustration-même de la difficulté que les praticiens ont à prouver et à investir de manière sérieuse ces techniques ancestrales. Fig. 20. L'entrée du tombeau d'Ankhmahor. Fig. 21. Comment
date-t-on une construction ? Ces
dignitaires affichent toujours dans leur sépultures,
lorsque ce n'est pas détruit, leurs titres et
biens découlant de charges qui les plaçaient
au service du roi, d'un membre de sa famille ou de son
administration. De là, tout au plus pouvons-nous
tirer une dynastie nous renseignant sur une période,
voire, une date. Ici, Ankhmahor est présenté
comme tjaty, parfois
comme médecin du pharaon Téti
Le tombeau d'Ankhmahor serait donc celui de la réflexologie (FAUX). Nous lisons encore que le site d'Ankhmahor est la preuve par l'exemple que la réflexologie était bien pratiquée dans l'Égypte ancienne. Nous l'avons vue, c'est faux, la seule chose que l'on puisse dire c'est que nous sommes assurément en présence "d'une des représentations" les plus anciennes d'une manipulation du corps pouvant raisonnablement être rapprochée d'une pédicure envisageable sans oublié un massage probable mais en aucun cas la réflexologie saurait y être convoquée. Mais une chose est sûre, si ce mastaba fait bien prestigieusement référence à des pratiques massoïdes, il n'est peu-être pas le seul et ceci n'est pas une supposition mais une certitude... Voilà, c'est un début, un travail sûrement tragiquement incomplet mais il s'ajoute à d'autres déjà existants, toujours trop peu et à d'autres à venir, nombreux. Nous manquons toujours cruellement de sources, de sites archéologiques mais ce que nous avons, aussi infime soit-il est toujours mieux que ce que nous avons irrémédiablement perdu. A nous de savoir le faire vivre
Une aparté masso-thanato-morbide Fig. 22 Fig. 23
Je
ferai ici comme à mon habitude une aparté
thanato-morbide associant le
massage à son
versant négatif impliquant la pulsion de mort
selon le principe que sa plasticité lui permet
en effet d'être convoqué même sur
des scènes qu'on ne lui prêterait pas spontanément.
Par exemple ici nous avons à la planche LXXI
(71) du tome
2 Pour les besoins d'une nomenclature claire et adaptée j'ai appelé cette inversion de sens "massage thanato-morbide". Ainsi, caresser le corps définitivement inanimé d'un mort ne serait pas digne d'être qualifié de massage ? Je rassemble ici le puzzle de ce qui sera le grand projet de ma passion pour le massage en association avec la mort. C'est cette planche, alors que je parcourait le second tome de Capart que son infra lien m'est apparu et c'est en constituant ce genres d'articles avec ses sources que je serai en mesure de créer mon corpus. Regardez comment les mains des vivants enserrent le bras du trépassé si proche d'un massage !
C'est par l'étude des éléments
brutes, hiérophyques, bâtis et bibliographiques
(textes et planches), les travaux anciens de Loret
La
captation de l'image provient du passage de la salle
1 à la 6 (côté Est) du mastaba
Il est probable que l'auteur de ce visuel
ait prit pour modèle la planche n° LXVI p.131 Synthèse des Masso-éléments disponibles pour le tombeau d'Ankhmahor
En quelques chiffres :
Ajout que j'avais fais le mardi 25 août 2015, 22:57 avec cette autre version de photo-montage versus féminin récolté sur le web dont on peut observer la similarité des postures et des hiéroglyphes. Fig. 24 Fig. 1, bis
Nous arrivons à la fin de l'étude de ce papyrus qui nous a amené de la Sorbonne avec Nathalie Lienhard au Louvre avec Richard-Alain JEAN et son livre qui en commente les outils mais observons encore une fois la finesse des mains, la grâce de ces pieds si longs, leur voûte plantaire si galbée, regardons ces corps assis dans une atmosphère de massage. Souvenez-vous, lors de l'énumération
de la salle
III du plan de Loret,
Capart décrivait cette finesse en ces termes
p. 43 Fig. 25 : Ci-contre pédicure ambulant dans une rue de Bamako.
Il est impossible de distinguer le massage d'une pédicure mais au-delà de ce que dit Capart qui commente le bas-relief qui nous concerne avec cet étonnant masso-éclairage qui date de 1907 et qui inscrit durablement le massage dans une dynamique nouvelle, celle de sa présence élargie à une bibliographie égyptologique dans laquelle on ne pensait pas pouvoir l'y trouver. Nos arts ne sont pas l'objet de recherches de fond par manque de moyens, de patience peut-être aussi, de chercheurs, sûrement mais je crois pouvoir affirmer que par ce long et passionnant travail, grâce également à cette proposition modeste de Département d'égyptologie au sein du CFDRM de Paris, nous pourrons disposer désormais de toujours plus de matériaux perfectibles et réutilisables pour affiner nos hypothèses et les mettre en perspectives. De fait, ces actions de quasi pied-à-coulisse que je fais en passant de l'égyptologie au massage que je connais davantage et objet de toutes mes lectures depuis des années amènent un éclairage nécessairement nouveau et, je l'espère, digne d'intérêt. Il ne s'agit pas d'une simple excursion dorée le temps d'un article en terre nilotique mais bien d'une démarche beaucoup plus large et profonde qui vient s'adosser à un CFDRM tout entier dévolu à toutes les formes de massage, jusque dans leur histoire, jusqu'aux périodes les plus éteintes.
Remerciements : – Richard-Alain
JEAN qui s'est vraiment très gentiment
rendu disponible et je renvoie vers son ouvrage À propos des instruments médico-chirurgicaux
métalliques égyptiens conservés
au musée du Louvre,
Ed. Cybele, Paris, 2012 TDM
– (1) L'intrigante histoire du papyrus du web... par Alain Cabello-Mosnier, 5 juillet 2013/2018. Située à l’est du mastaba de Mérérouka dans le grand ensemble de Saqqarah, la tombe d’Ankhmahor a été découverte et déblayée par Victor Loret en 1899, en même temps que celle du vizir Néferséchemrê et celle de Néferséchemptah, toutes trois datant de la VIe dynastie. La tombe d’Ankhmahor fut également baptisée « tombeau des médecins » en raison des scènes qui figurent de part et d’autre du passage reliant la première chambre à la salle à piliers. – À propos des instruments médico
-chirurgicaux égyptiens, par Richard-Alain JEAN
Ed. Cybele, Paris, 2012 TDM Sources CFDRM sur les traces de massages en Égypte – La Rumeur d'Orléans, par Edgar Morin
– Voici les publications de Wilhelm Max Müller (1862-1919) dans lesquelles chercher la planche de massage qui serait antérieure à celle de Capart. - Lectures on the Origin and Growth of Religion, 1878. - Selected Essays on Language, Mythology and Religion, 2 vol., 1881. - Introduction to the Science of Religion, 1882 - Chips from a German Workshop. Essays on Mgthology and Folk-lore, vol. IV, 1895. - The Life and Letters of the Ri. Hon. Friedrich Max Müller, édit. par sa femme, 2 vol. 1902. Profil facebook de : Blog pratique secondaire : http://www.lythos.fr Alain
Cabello-Mosnier Code
de la Propriété Intellectuelle. articles
L 122. 4 Jean Capart
(Sur la nature et propriété des planches Revenu en Egypte pendant l'hiver 1905-1906, accompagné cette fois par mon élève et ami, le docteur Charles Mathien, de Liège, j'eus l'occasion de faire de nombreuses visites à Saqqarah et aux tombeaux Loret. Les 3 et 5 janvier 1906, nous y avons pris dix-huit grandes plaques photographiques (18 x 24
c'est livré par la suite à une distribution aléatoire des hiéroglyphes aussi bien dans l'ordre très personnel que dans la l'absence de sens. travailler sur Ptahshepses |
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