CFDRM > Dossiers > CV Alain cabello > Un massage obstétrical en Égypte entre la XVIIe et VIe dynastie chez Edwin SMITH (1822-1906).
Page créée le : mardi 14 novembre 2017, terminée le : ?, affinée jusqu'au : mardi 10 juillet 2018, 10:11 ; modifiée le : mercredi 18 juillet 2018, 18:52
Mots clefs : Histoire du massage en Égypte ; le massage en Égypte ; Égypte ; Soudan ; Maghreb ; massage thanato-morbide ; réverso-thanatique ; Vindija Information ouverte dans une nouvelle page en Croatie ; Leipzig ; Saqqarah
Noms propres cités (42) :

– Les institutionnels - Institut Max-Planck Information ouverte dans une nouvelle page ; CFDRM de Paris ;

– Les hommes

- contemporains : (prérogative éditoriale) Gardiner ; Edwin SMITH Information ouverte dans une nouvelle page ; Georg Moritz Ebers Information ouverte dans une nouvelle page ; James Henry Breasted Information ouverte dans une nouvelle page ; Sydney-Hervé Aufrère ; Richard-Alain Jean ; Anne-Marie Loyrette ; Isabelle Régen ; Georg Möller Information ouverte dans une nouvelle page...

- secondaires en citation : Hippocrate ; Claude Lévi-Strauss Information ouverte dans une nouvelle page ; Louis Althusser Information ouverte dans une nouvelle page; Christian Bonnet ; Nicolas Buire ; Alain Cabello-Mosnier ; Barbara Cartland ; Michael Douglas ; Exbrayat Information ouverte dans une nouvelle page ; Sigmund Freud Information ouverte dans une nouvelle page ; Alessia Guardasole Jacques Jouanna ; Paul Kenny Information ouverte dans une nouvelle page ; Bertrand Lançon ; Caroline Magdelaine ; Hélène Rytmann

Les rois & personnages : {Amenhotep  III Information ouverte dans une nouvelle page; Ankhmahor Information ouverte dans une nouvelle page; Khnoumhotep et son frère Niankhkhnoum ; Niousserre }

Les dieux : {Jésus-Christ ; Akhet Information ouverte dans une nouvelle page ; Anubis Information ouverte dans une nouvelle page ; Hathor Information ouverte dans une nouvelle page ; Isis Information ouverte dans une nouvelle page ; Khoiak Information ouverte dans une nouvelle page ; Nephtys Information ouverte dans une nouvelle page ; Osiris Information ouverte dans une nouvelle page ; Information ouverte dans une nouvelle page ; Seth Information ouverte dans une nouvelle page ; Shou Information ouverte dans une nouvelle page ; Thot/Thoth Information ouverte dans une nouvelle page}

Dossier associé : (Le massage en Egypte dossier collecteur)
Article précédant : Les superviseurs des manucures du palais 11 juillet 2013 Article suivant : N/C (racc. perso Alt3)

 

En cours de rédaction (ne pas lire)

Un massage obstétrical en Égypte

entre la XVIIe et VIe dynastie chez Information ouverte dans une nouvelle page Edwin SMITH (1822-1906 Information ouverte dans une nouvelle page)

étude de texte par Alain Cabello Mosnier avec le concours patient de l'égyptologue Richard-Alain Jean.
P/O le
CFDRM
Libre de droits non commerciaux.

 

Rédigé à Paris le : mardi 10 juillet 2018

  TABLE

 

« Il y a tellement de portes que je ne sais plus laquelle ouvre sur quoi !
Ne pas vivre c'est n'en pousser aucune et rester dans le couloir.
Moi je ne vécu guère davantage, la première que j'ai poussé s'était ouverte sur la bibliothèque du monde et elle s'est refermé sur moi. »

A.C.M.B.

 

Présentation

L'égyptologue Richard-Alain Jean écrit depuis des années des ouvrages que j'ai presque envie de qualifier d'anthropologie médicale à l'époque égyptienne qu'il met patiemment en perspective d'abord sur son blog Histoire de la médecine en Égypte ancienne avant de les publier.

Alain Cabello-Mosnier (votre narrateur) j'aime bien se présenter comme 'masseur-aux-pieds-nus', concepteur du Massage-Français que j'exerce dans mon propre établissement à Paris ; je suis également à l'origine de cette initiative CFDRM, Centre Français de Documentation et de Recherches sur les Massages dont l'objectif est de récolter et de mettre en ligne depuis des années, des éléments tracés, documentés sur la place que le massage a pris, du plus loin que nous puissions remonter jusqu'à aujourd'hui. Enfin, si je m'intéresse au massage ce n'est pas seulement pour l'exercice benoît d'une la relaxation à la Barbara Cartland mais parce qu'il constitue un carrefour des sciences humaines et que le moment massage est une anthropologie, je dirais même, une forme d'épouillage moderne.

En juillet 2013 et dans la droite ligne de l'objet-même du CFDRM, j'avais décidé de tirer les fils qui me permettrait de remonter à l'origine de ce papyrus ci-contre que d'aucuns voulaient voir comme une scène de massage relativement convaincante au regard des quatre profils typiques qui se suivaient. C'était tellement tentant en effet, au regard du peu de masso-bribes qui nous sont parvenues des profondeurs de l'histoire et moins encore de celles chatoyantes de l'Égypte ancienne allant de la période prédynastique au Nouvel Empire , de l'ère ptolémaïque à la prise d'Alexandrie par les Arabes en 642 que de pouvoir enfin circonscrire ici, l'exercice irréfutable de nos arts tactiles.

fig. 1 L'intrigante histoire du papyrus du web... par Alain Cabello-Mosnier 2013

Mes recherches patientes m'avaient fait croiser cette année le chemin de Richard-Alain Jean grâce auquel j'ai pu rédiger ce petit papier qui s'intitule L'intrigante histoire du papyrus du web...

La question n'est plus de savoir si les égyptiens se faisaient ou pas masser, mais bien d'en extraire les preuves matérielles et de les restituer. Qu'il s'agisse de massages thérapeutiques, cosmétiques, de massages sans le savoir par le biais de la toilette, de la sexualité, tout potentiellement nous intéressait. Il faut savoir que la nature du toucher, son insistance, sa rythmique peut constituer un massage là où d'aucuns n'y verraient qu'un geste banal de la vie quotidienne. Mais ici cette masso-constituante peut se préciser jusque dans les tombeaux des rois, dans le mastaba Information ouverte dans une nouvelle page d'un vizirs , l'ornière cémétériale des gueux, descendre en leur sépulture, ouvrir leur sarcophage, lire les glyphes Information ouverte dans une nouvelle page ciselés à-même le calcaire des pyramides, ceux tracés au calame Information ouverte dans une nouvelle page au creux des rouleaux de leurs papyrus, des tablettes d'argiles ou de cire des différents peuples qui ont échangé avec les égyptiens est important. Il ne faut pas non plus ignorer les auteurs de l'antiquité les plus contemporains ou proches de ces périodes et dont le témoignage, même si tout n'est pas nécessairement vérifiable ne nous empêche pas de recouper certaines allégations, rien ne doit être négligé, bref, tout ce qui peut associer massage et Égypte, proche et moyen-orient, Afrique, Asie, nous alertes.

Quand une image fixe à ce point les projections idéalisées d'une reconnaissance socioprofessionnelle dans une symbolique historique aussi majestueuse que royale, plus rien ne doit venir s'interposer pas même la source. Et c'est bien là que notre image péchait, l'absence de source comme si, l'origine, (l'Égypte), la magie du support, (le papyrus) et ses couleurs, (envoûtantes), suffisaient à eux seuls à prouver l'authenticité de l'archive et l'indéniable pratique que l'on voulait y trouver coûte-que-coûte.

Cela en disait long sur nos désirs de reconnaissances professionnelles. Chacun reprenait donc avec hardiesse cette image d'Épinal Information ouverte dans une nouvelle page orientale, facilitatrice d'expérience, vade-mecum Information ouverte dans une nouvelle page de toute technique, partout et tout le temps nous étions trop heureux d'avoir quelque chose d'enfin vieux qui puisse nous hisser collectivement quelque part, faisant de nous des êtres légitimes jusque dans notre exercice professionnel que nous contestait avec méprit l'Ordre des kinésithérapeute. Les masseurs et les masseuses de relaxation en France ne demandaient pas grand chose sinon que d'établir le massage dans ses principes de conversité simple et d'échapper à ces relations synecdotiques Information ouverte dans une nouvelle page qui font du masseurs une brute épaisse Cet icône redirige vers une photo., un Auvergnat hirsute Cet icône redirige vers une photo.; un obèse (allemand) Cet icône redirige vers une photo. par nature stupide Cet icône redirige vers une photo. ; un incompétent reconverti Cet icône redirige vers une photo. ; un nègre Cet icône redirige vers une photo., un objet sexuel Cet icône redirige vers une photo., bref, un charlatan et de la masseuse, une hétaïre Information ouverte dans une nouvelle page loin d'être tout à fait libérée du stigmate originel. Telle était la caricature qu'avait véhiculé durant des décennies la carte-postale.

Alors moi je claudiquais tout autant que les autres dans ce lixiviat Information ouverte dans une nouvelle page informationnel improbable qui me faisait déambuler entre doutes et appétits de savoir mais je m'attelais pourtant à une collecte minutieuse et coûteuse d'archives que je partageais sur le site du CFDRM que j'avais créé. Cela qui me permettait enfin de disposer et de mettre à disposition cette petite boîte à outils annonciatrice de sources, éternellement incomplète mais chaque jour plus précise. Sommes toutes je ne suis rien de plus qu'un agenceur méticuleux, qu'un archiviste tout aussi fasciné par ces désordres de cellulose qu'anxieux devant l'immensité du travail à accomplir, satisfait par celui qui a déjà été fait que désespéré par ses relectures, horrifié par ce qui reste à faire, heureux de s'y coltiner et dans l'instant effaré à l'idée de n'y parvenir jamais. Et si un élément m'échappait ? Si quelque chose de centrale restait machiavéliquement invisible à mes yeux ?

Après, je ne veux pas passer mon temps à m'excuser de ne pas être égyptologue ou un quelconque chercheur dûment référencé et lauriérisé selon les règles de l'art floral universitaire, je me pose juste comme un obsédé compulsif du texte et du toucher, du texte touchant et du texte touché ayant lien avec le massage, à ce qui s'y rapporte de près ou de loin, et parfois de tellement loin, qu'il faut le lorgnon de la conciliation pour me l'accorder. Néanmoins, c'est dans cette syllogomanie Information ouverte dans une nouvelle page collectant indistinctement aussi bien des romans policiers d'Exbrayat Information ouverte dans une nouvelle page présentant une scène de meurtre dans un salon de massage que des mentions de manipulations digités diverses issues des profondeurs d'un tombeau d'Égypte, que je me sens utile. Il n'y a aucune raison pour que les premiers soient naturellement moins dignes d'études que les secondes ? Des milliers d'années ne souffriraient donc pas la comparaison avec les 235 pages de ce Paul Kenny Information ouverte dans une nouvelle page dans Mission Rangoon pour FX 18, Ed. Fleuve noir de 1973 TDM Fiche technique présent dans ma bibliothèque parce que ce ne serait qu'un roman policer ?

 

Un bas-relief du mastaba Information ouverte dans une nouvelle page de Niankhkhnoum et de son frère Khnoumhotep , superviseurs des manucures du palais sous le règne du roi Niousserre , 6ème roi de la Vème dynastie (-2460-2430) av. J.-C. vaudrait davantage que cette étonnante et très rares couverture d'un roman de paralittérature Information ouverte dans une nouvelle page présentant un massage ? Bien sûr que non, d'ailleurs, qui nous empêche de lire consécutivement un papyrus et un Fleuve noir Information ouverte dans une nouvelle page ? Agents secrets (recherchant) et pharaons (recherchés) prennent toujours la même position pour se faire masser, celle du gisant, mort ou relaxé, et ne doutons pas que, dans les palais comme dans les bordels, nombres le furent, reste juste à en isoler les traces.

Certains cherchent des momies, moi des moments et vous savez quoi ? le massage en est un mais pas n'importe lequel, il est parmi de ceux qui laissent le moins de traces et c'est cette trace qu'évite d'abandonner le meurtrier pour que son meurtre d'oubli paraisse le plus parfait possible. Seulement ce qui est parfait pour l'un, reste injuste pour la victime, vous savez, cette scène de massage ensevelie sous les millénaires que nous devons pelleter, passer au crible pour en retrouver ne serait-ce qu'un ADN fragmenté à peine exploitable, un message codé laissé par le disparu et c'est là qu'entre en jeu les mornes inspecteurs de mon acabit, soupçonneux, méthodiques, scrupuleux.

_ « Le pauvre n'a laissé aucune trace ! »

_ « Ah oui ? Laissez-moi donc vérifier cela par moi-même... »

Un de mes contacts gentiment accessible, Nicolas Buire, solidaire de mes impuissances chroniques à ne pouvoir répondre définitivement à tout sans erreur, tout le temps et a fortiori à ce papyrus, m'avait mis en contact avec Richard-Alain Jean, mais après L'intrigante histoire du papyrus du web... et Les superviseurs des manucures du palais 11 juillet 2013, voici que Richard-Alain m'interpelle sur une nouvelle entrée sur le massage dans une Égypte vieille ici de 1600 ans avant Jésus-Christ.

La bienveillance de l'homme m'avait tout de suite étonné. Imaginez le gap intellectuel entre masseur de relaxation et égyptologue ? Ne croyez-vous pas que je ne l'ai pas sentit la gêne polie de cette célèbre librairie de textes antiques et organisatrice d'une rencontre à l'occasion du 500e volume de la C.U.F. série grecque dédiée au Pronostic d'Hippocrate avec pour intervenants Jacques Jouanna, Caroline Magdelaine et Alessia Guardasole lorsque parmi les invités inscrits en ligne je débarquais flanqué de mes dreadlocks ? Ou ces libraire spécialisés en livres anciens chez lesquels je venais certain de trouver des ouvrages très anciens sur le massage ?

_ « Le, le, le massage ? Ah non, nous n'avons pas de livres sur le massage ici monsieur. »
_ « En êtes-vous seulement sûr ? »

L'Égypte avait du apporter à Richard-Alain assez de surprises et de bizarreries pour que mes questions  ne souffrent jamais aucune condescendance mais des réponses précises et suffisamment documentées en tout cas pour moi.

Depuis, il n'est pas rare que, lors de nos échanges, Richard-Alain m'informe spontanément de l'existence d'un ouvrage médical abordant ici le massage et parfois, comme en ce mois de novembre 2017, la conjonction se fait entre son objet de recherche Égypte-médecine et le mien le massage à travers les âges. Sur son blog Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers, 1er novembre 2017, chapitre « Clinique obstétricale égyptienne - VII. Le diagnostic différentiel : Les tumeurs bénignes. Les tumeurs malignes. Les problèmes hépatiques », le massage y était nommé, probable puisque laissé à sa traduction hiéroglyphique mais néanmoins étayé, formalisé par une gestuelle qui ne pouvait s'effectuer sans son concourt.

 

Introduction

Je suis parti à l'origine d'un travail particulièrement méthodique et scrupuleux alors en court d'élaboration mené par l'égyptologue Richard-Alain Jean auteur de Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers, 1er novembre 2017 : « Clinique obstétricale égyptienne - VII. Le diagnostic différentiel : Les tumeurs bénignes. Les tumeurs malignes. Les problèmes hépatiques ». J'ai isolé la trace de massage indiqué et procédé à une extraction partielle de données pour élaborer ce texte ayant trait au massage dans le contexte de l'Égypte de la XVIIe dynastie Information ouverte dans une nouvelle page (1600 av. J.-C.).

Revoir ce passage (qui a découvert quoi, l'a acheté, traduit et quand.)

Le passage qui nous intéresse provient initialement d'un papyrus acheté (avec un autre texte dit pEbers Information ouverte dans une nouvelle page) par le collectionneur américain Edwin SMITH (1822-1906 Information ouverte dans une nouvelle page) à Thèbes Information ouverte dans une nouvelle page en 1862 puis traduit et publié en 1930 par un autre égyptologue, James Henry Breasted (1836-1935 Information ouverte dans une nouvelle page). Pour les profanes dont je fais bien sûr toujours partie, lorsque vous croisez un petit p accolé à un nom propre en majuscule comme dans le cas présent "pSMITH Information ouverte dans une nouvelle page" ce n'est que l'abréviation de "papyrus" à laquelle le découvreur ou le traducteur voit son nom de famille associé, ici "papyrus de SMITH".

Cette petite activité de quasar-historique ne fait que mettre en lumière de façon subreptice la seule entrée identifiée concernant une forme de massage issue du chapitre 1.2. de "Les tumeurs bénignes de l’utérus". Richard-Alain Jean y aborde les fibromes et l’matométrie, c'est-à-dire une rétention de sang dans l'utérus que le massage pourrait possiblement résorber selon les médecins/sacerdotes Information ouverte dans une nouvelle page de l'époque.

 

Datation de l'archive en présence

Le papyrus en présence reprend des textes de divers sources plus anciennes comme il était souvent d'usage de le faire, il n'est donc pas du tout homogène ce qui ne nous permet pas de dater l'exemple de massage vulvaire qu'il contient en proposant le nom d'un règne et sa titulature royale Information ouverte dans une nouvelle page.

Isoler une séquence de massage morcelée comme un ADN tellement ancien qu'une partie de son code manque c'est toujours mieux que de ne rien avoir. Alors, comme l'a fait l'Institut Max-Planck Information ouverte dans une nouvelle page d’anthropologie évolutionniste de Leipzig en reconstituant partiellement le genome d'un néandertalien en collectant des millions de fragments d’ADN récupérés sur trois os issus de la grotte de Vindija Information ouverte dans une nouvelle page en Croatie, devant des expressions aussi ténues de massage, en sommes pour l'instant qu'à poser des marqueurs exactement comme dans une fouille archéologique. Richard-Alain Jean revisite cette tombe de papier, alerte Alain Cabello Mosnier d'une disposition qui pourrait potentiellement intéresser son objet de recherche avant de devenir cette sentinelle HTML relayée par le CFDRM de Paris, fragile trace dans l'attente d'autres masseurs-copistes qui le relayeront à leur tour ou la laisseront échapper.

 

Dans l'item dont nous disposons, c'est-à-dire qui nous est parvenu, il n'est pas possible de nous aventurer sérieusement dans une tentative de datation précise puisque des ajouts, de reprises de textes parfois très anciens sont visiblement venus s'agréger ? polluer ? modifier ? un texte original sans même d'ailleurs que l'écrit corresponde nécessairement avec l'âge de son support. Donc sur ce papyrus médical notre frise chronologique se situerait entre la XVIIe dynastie égyptienne Information ouverte dans une nouvelle page (1600 av. notre ère.) et la VIe dynastie Information ouverte dans une nouvelle page (env. 2350-2200 av. notre ère) voire même nous dit Richard-Alain JEAN à l'Ancien Empire - soit environ 2700 à 2200 av. notre ère !!! (peut-être) ce qui nous offre un gap qui se situe entre 750 et 1100 ans d'hésitation. Ne pas parvenir à dater ne signifie pas que l'on doive renoncer à collecter toujours davantage d'informations jusqu'à ce que des découvertes futures ou d'autres recherches permettent de resserrer notre estimation, de comparaisons en associations, d'intuitions en déductions.

 

Langue parlée

Rapidement et pour simplifier, je ferai la distinction entre la langue parlée et la langue écrite.

A l'orale l'Égypte vocalise un égyptien d'abord ancien que la communauté des égyptologues appellera archaïque évoluant vers un nouveau stade qui sera qualifié de vieux pour attendre un dernier niveau qualifié de moyen. Bien sûr les conquêtes, les échanges commerciaux font bouger les langues qui se priorisent, se complexifient, adoptent des codes qui ne sont originellement pas les siens.
A partir de la Basse époque Information ouverte dans une nouvelle page de -750 à -332 avec la conquête par Alexandre le Grand Information ouverte dans une nouvelle page, le démotique Information ouverte dans une nouvelle page prend le dessus, il donnera alors naissance au copte qui est l'égyptien chrétien attesté dès le IIe, siècle.

Concernant la langue écrite ce sont les idéogrammes hiéroglyphiques que nous connaissons bien qui sont employés mais aussi une forme plus quotidienne nommée hiératique Information ouverte dans une nouvelle page du grec grammata hieratika ; littéralement « écriture sacerdotale » qu'on simplifiera encore par le démotique.

Bien entendu on ne parle pas que l'égyptien mais aussi l'arabe qui arrive après l'époque chrétienne. L'égyptien chrétien est lui écrit en copte, ainsi, selon la langue, la forme des caractères tracés, le type de formules employées, il est possible de placer, d'estimer la période à laquelle un texte peut avoir été écrit.

Le hiéroglyphe lui même n'est pas fixé, il bouge, de découpe selon le mot que l'on veut former. Par exemple le mot chat se dit « miou » (translittération : mw) W19M17G43F27, mais si l'on veut désigner une des composantes du chat on ne prendra qu'un des hiéroglyphes ou sa moitié qui, associé à un autre pourra signifier encore autre chose.

Il faut garder en mémoire que l'oeuvre d'aucun auteur de l'antiquité grecque ou romaine, même parmi ceux gravitant autour de notre ère ne nous est parvenue intacte alors que ces grandes cités disposaient d'une administration formidable et d'une véritable culture de l'écrit et de la trace.

Les livres que nous exhumons ont tellement voyagé, furent tellement réécrits et manipulés pour être lus, qu'ils durent payer un lourd tribu à la dégradations, à l'éparpillements et, lorsque la marge s'étiole, le texte s'en va avec elle, solidaire avec chacun de ses émiettements, tristes spectateurs absents de nos chagrins contemporains.

Évidemment si l'altération pouvait s'arrêter avec ce que nous en possédons nous nous en porterions que mieux, mais les livres qui nous parviennent, épuisés, fragiles, sont loins d'être des sources sûres, ils ne sont là que parce qu'ils ont été inlassablement recopiés et naturellement, au gré des saisies, des erreurs se sont immanquablement glissées, puis d'erreurs en erreurs...
Et là je ne vous parle que de la réécriture mais que dire du crime nécessaire de la traduction qui s'avère être une quasi interprétation entre méconnaissance de la langue par le copiste et suppositions. C'est Littré 1801-1881 qui nous éclaire le plus dans ses Oeuvres complètes d'Hippocrate, Ed. Baillière 1839-1861 en 10 volumes TDM * *  * * * Fiche techniquelorsqu'il nous décrit les formes les plus inattendues de bibliothèques dans ces cités parfois si instables qui n'entreposaient pas comme nous le faisons aujourd'hui des livres reliés avec un titre, un nom d'auteur. Sur la traduction par exemple il nous dit combien la translation in extenso d'un texte d'Hippocrate (vers 460 av. J.-C- vers 377 av. J.-C), du ionien Information ouverte dans une nouvelle page, _qui était le dialecte dans lequel il s'exprimait_ en français, ne veut plus dire grand chose. D'ailleurs, un même texte d'Hipporcate issu de deux sources différentes, l'une ayant évolué et l'autre étant restée intacte peuvent présenter des différences considérables laissant penser à un autre texte.

Ensuite venait l'écueil de la censure, les mises à jour au regard de l'époque qui les adaptait ou des intérêts du commanditaire et là, nous ne parlons que d'écrits dont la notoriété de l'auteur lui donnait quelques chances d'être dupliqué et que ces éditions soient suffisamment accessibles pour qu'elles entretiennent l'intérêt de ces médecins. Leur seul alliés fut la permanence des sujets, à savoir la religion, le droit et ici, la médecine qui, pour atténuer le peu de résultat de leurs prescriptions, _prenez juste la maxime d'Hippocrate "Surtout ne pas nuire." ce qui en dit long sur le crédit que l'on pouvait prêter à ces médecins souvent qualifiés de charlatans_ avaient besoin de l'ancestralité de vénérables sacerdotes iconiques. Il n'est pas inutile de rappeler que par la suite ce sont eux (les Ordres des médecins et celui leurs petits soldats kinésithérapeutes) qui ont poursuivit en justice les rebouteux, ancestraux utilisateurs traditionnels du massage justement pour charlatanerie. Et enfin, la pierre lancée dans le jardin bien mal entretenu des uns ne doit pas nous dispenser d'enpierrer le-nôtre et nos massages tous autant liés à une thérapeutique que l'on dit efficace au nom de la sécularité de sa technique mais au méprit de sa réelle connaissance par bien des praticien(ne)s et d'études fiables.

 

Pour ce qui est de la pratique du massage en Égypte, ne pas avoir grand chose ne signifie pas que nous n'ayons rien et surtout que nous devrions nous contenter de ce que nous avons. L'exemple sur lequel nous allons travailler en est la parfaite illustration, de fait, plus nous zoomons sur un détail historique, sur une chronologie, plus la pixellisation devient forte et l'image floue, mais en collectant patiemment les données nous éclaircissons ce qui hier était encore inconnu.

En 2017, l'achèvement d'une partie des travaux du Grand Musée égyptien Information ouverte dans une nouvelle page al-Mathaf al-Misri al-Kabir a permis l'ouverture au public des collections de Toutankhamon et ce documentaire de Michael Douglas diffusé sur France 5 le 17 avril 2018 nous rappelle l'impensable. L'emblématique Pharaon d'Égypte dont on aurait pu légitimement penser que chacune des 5398 pièces constituant son royal tombeau avaient toutes été largement étudiées, mesurées, scanées, photographiées, documentées présentaient deux facettes. L'une célèbre et dorée connue de tous et enfin celle qui n'a jamais quitté la nuit des réserves muséales et où nombres d'objets n'avaient même jamais été examinés. Pourtant il s'agit là d'un roi et quel roi. Qui pourrait imaginer que tout de lui n'a pas été intégralement et régulièrement examiné ? Je vous dis cela pour bien mettre en perspective l'étonnant bazar que cela représente et que même la part infime offerte à la lumière des fascinations humaines est loin d'avoir été complètement révélée, ce qui laisse à l'autre versant méconnu, un champs de travail gigantesque et insoupçonné dans lequel, espérons-le, le massage trouvera sa part. Concrètement, en terme de textes antiques nous avons deux pôles majeurs de recherches que sont la médecine qui nous convoque dans ce présent papier et l'hygiène avec l'art de la toilette (le savonnage est une forme primitif de massage) et la cosmétique impliquant les onctions douces et/ou fricatives.
Les nouvelles technologies permettent également de saisir des détails passés jusqu'alors inaperçus, des papyrus réduits en miettes, brûlés peuvent restituer des hiéroglyphes que l'on pensait perdus. Donc résumons, nous l'avons vu ce que nous possédons n'a pas encore était complètement traduit, étudié de façon définitive même lorsque ce contenu provient des lots les plus prestigieux. Ensuite, ce que nous connaissons peut encore révéler bien des informations par les recoupages, les mises en perspectives nouvelles, des technologies de plus en plus fines, l'intuition d'un jeune chercheur et enfin, reste l'immense contenu des sites non exhumés parfois même volontairement. Les fouilles archéologiques nécessitent de la méthode et il ne suffit pas d'avoir localisé une zone de recherche de grand intérêt pour pouvoir l'ouvrir si l'on ne dispose pas des autorisations, des financements, des équipes afin que cela soit fait dans de bonnes conditions et encore faut-il savoir conserver, traduire, mettre en réseau, l'accélération de la science n'est pas celle des chronologies archéologiques. Lorsque les sites sont riches, comme à Pompéi Information ouverte dans une nouvelle page, il peut être décidé volontairement de laisser aux générations futures des espaces de recherches parfois prometteurs et de se concentrer sur ce qui a déjà été mis à jour.

 

Méthodologie : ce chapitre 1.2. de "Les tumeurs bénignes de l’utérus" par Richard-Alain Jean présente un bloc-texte hiéroglyphique que j'ai pris le parti de scinder en deux sections afin que les allées et venues entre la ligne correspondante et la traduction soient facilitées. Il y aura une première partie contextuelle que traitent ces hiéroglyphes tels que posés sur le blog de Richard-Alain Jean (qu'il traduira glyphe après glyphe comme l'a fait James Henry Breasted Information ouverte dans une nouvelle page avant lui). Ensuite je procéderai aux arrêts sur images plus focus qui intéresseront directement notre objet de recherche alternés des traductions, et pour que ces textes soient facilement identifiables, dès lors que ça concerne le massage, je vous les mettrai en ROUGE.

Comme vous le verrez, chaque ligne de hiéroglyphes est divisée en blocs de registres que vient segmenter une valeur numérale et là aussi je serai amené à la découper pour une meilleure compréhension.
Les lignes en grisée ne concernent pas le massage.

 

SECTION I : 1er corps hiéroglyphique intègre issu de - 1.2. Les tumeurs bénignes de l’utérus pSmith XX, 13a - XXI, 3b :

Fig 2 : Les tumeurs bénignes de l’utérus pSmith XX, 13a - XXI, 3b.

SECTION I : 1er corps hiéroglyphique déconstruit et traduit - chaque ligne a été défaite de son ou ses groupes précédemment numérotés afin d'en mieux identifier le contexte mais ses formules sont en grisées puisque le texte n'aborde pour l'instant pas du tout le massage puis ensuite, l'idée de préparation intervient : XX, 15b tu prépareras pour elle..., d'abord par un boire buccal, ensuite par un boire vaginal avec l'application d'un médiateur externe thérapeutique qui vient faciliter le contacteurs et agir.

— XX, 13a Si tu examines une femme qui souffre de son "ventre féminin"

XX, 13b et dont les menstrues ne reviennent pas

— XX, 14a et si tu trouves quelque chose "au niveau péri-ombilical"

— XX, 14b tu diras à son sujet : "c'est une retenue de sang dans l'utérus"

— XX, 15b tu prépareras pour elle

XX, 15c Plante-ouam (1) 20 ro (2), huile 1/8 ro, bière douce 40 ro,

(1) Richard-Alain n'est pas encore en mesure de nous indiquer le type de plante à laquelle ouam fait référence : « il faudrait faire une recherche très approfondie dans la langue elle-même et dans la pharmacopée. » puisqu'en effet, nous sommes là en présence d'une désignation végétale vernaculaire en égyptien donc ce n'est pas la peine de se tourner du côté du Jardin des plantes de Paris pour obtenir la moindre réponse. Par exemple dans Les Bains de G. du Chou de 1555 TDM Fiche technique(ouvrage qui parle de massage en vieux françois) la cannelle n'est jamais mentionnée que sous son nom latin cassia qui donne en français la casse comme croisée à deux reprises dont au verso de la feuille 10.
Mon contact égypto-sensible, Nicolas Buire et moi-même, pencherions davantage pour la thèse de l'inversion classique de consonnes au regard de la proximité cursive et phonétique de la lettre
m et n, remplaçant Ouam par ouân qui signifie genévrier Information ouverte dans une nouvelle page et qu'on utilisait dans diverses formules de soins funéraires tardifs. La plante-ouam pourrait donc bien être la plante-ouân, ce genévrier duquel on tire l'huile de cade Information ouverte dans une nouvelle page (sefetj per em ouân) du Rituel de l'embaumement, et de la figurine (végétante) Information ouverte dans une nouvelle page de l'Osiris-Kentymentyou du mois de Khoiak Information ouverte dans une nouvelle page (octobre-novembre), qui se formule au tout début de la saison de la germination-Peret (ou plutôt à la toute fin de la saison de l'inondation-Akhet Information ouverte dans une nouvelle page).
On retrouve la plante-ouân dans le Livre "second" des Respirations (qui ne possède pas de nom et qui a été uni, par analogie à Thot/Thoth
Information ouverte dans une nouvelle page. Il fait intervenir une série de matériaux employés pour la fabrication des sept sarcophages abritant le corps du défunt, dont notre fameux genévrier-ouân qui est l'émanation de Rê Information ouverte dans une nouvelle page, de Shou Information ouverte dans une nouvelle page et d'Osiris Information ouverte dans une nouvelle page, et dont le concept attaché est l'illumination et la bonne senteur. D'après Sydney H. Aufrère* Information ouverte dans une nouvelle page, les noms d'arbres (les matériaux) correspondent rigoureusement aux essences qui poussent dans l'air constituée par le Liban Information ouverte dans une nouvelle page et l'Anti-Liban Information ouverte dans une nouvelle page (les textes retrouvés des Livres des Respirations datent des Ier et IIe siècles de notre ère). S.H. Aufrère parle du genévrier d'altitude (Juniperis excelsa Information ouverte dans une nouvelle page), arbre de montagne. - Alors pourquoi il ne me semble pas beaucoup m'avancer lorsque je dis que ouam et ouân sont une seule et même plante c'est que non seulement je n'ai trouvé l'"ouam" que sur le P. Edwin Smith Information ouverte dans une nouvelle page, mais aussi en raison des risques d'erreurs dont je parlais plus haut et qui n'épargne aucun d'entre-nous jusqu'au plus grands lettrés. De plus, le texte original du P. Edwin Smith a été, sans nul doute, mainte fois remanié et s'étale sur plusieurs siècles, avant d'être découvert.
* Sydney-Hervé Aufrère, Thot Hermès l'Egyptien : De l'infiniment grand à l'infiniment petit, éditions L'Harmattan, Collection KUBABA, Série Antiquité XIII, Paris, 2007.
Tout cela n'est que conjectures et hypothèses, et bien sûr, pour
Richard-Alain JEAN, la supposition se subordonne toujours à l'étude consciencieuse basée sur une vérification méthodique. Il nous en donne d'ailleurs un exemple p. 167 avec la confusion qui existe entre pastèque et melon, ainsi nous fait-il passer de façon édifiante du grec à l'arabe, de l'hébreu à l'égyptien en montrant combien même pepo (melon) en latin peut désigner la pastèque pour Pline. Si je n'avais pas craint d'être long j'aurais restitué ce passage mais ne me priverai pas de ce sacerdoce sémantique "Il faut donc peut-être encore chercher".

(2) En 1911, l'égyptologue Georg Möller Information ouverte dans une nouvelle page identifia à partir de documents du Nouvel Empire, que certains signes hiéroglyphiques pouvaient raisonnablement servir à mesurer des volumes de grains notamment l'œil d'Horus dit Oudjat Information ouverte dans une nouvelle page. Ro à translitérer 'r(3)' (prononcer " rA ") correspond donc à un volume, à une unité de mesure égyptienne, soit une fraction qui équivaudrait pour nous à 0,060 litre (0,0600625). Par exemple, une mesure jp.t (lire "oïpé"), comprend 320 r(3) = 320 parties (pour nous : 320 partie de 19,22 litre). Les fractions de "l'œil d'Horus" se déclinent aussi en parties r(3).

XX, 16a Faire chauffer,

XX, 16b : et faire boire,

XX, 16c : pendant quatre jours

XX, 16d Tu lui feras aussi (une préparation) « évacuatrice du sang » (XX, 16e) : [Donc là on parle en effet d'une "préparation" et en-dessous les composant sont énumérés] :

Fig 3, découpe de la Fig 2


à savoir : XX, 17a résine, cumin Information ouverte dans une nouvelle page, galène Information ouverte dans une nouvelle page, myrrhe douce :

Fig 4, découpe de la Fig 2

XX, 17b fais-en une préparation homogène :

Fig 5, découpe de la Fig 2

puis le massage revient :

XX, 17c et enduis-en le « bas-ventre féminin étendu » (f). (Le mot "enduire" est constitué par les deux premiers symboles du registre + le personnage debout.)

Fig 6, découpe de la Fig 2

XX, 17d très souvent.

Il y a donc ici un net espace dans lequel le massage s'exprime et se voit clairement et hiéroglyphiquement mentionné, cela est suffisamment rare pour le noter avec application ; nous avons un massage manifeste du bas-ventre d'une femme à des fins thérapeutiques, daté de la XVIIe dynastie égyptienne Information ouverte dans une nouvelle page (1600 av. J.-C.) et la VIe dynastie Information ouverte dans une nouvelle page (env. 2350-2200 av. notre ère) voire même nous dit l'égyptologue Richard-Alain Jean à l'Ancien Empire - soit environ 2700 à 2200 av. notre ère !!! Il n'y a pas de supposition ici, juste une lecture d'idéogrammes dûment traduits par un chercheur autorisé.
Ce travail n'est donc pas vaguement déduit d'un texte pris ici ou là sur la toile et patiemment littérarisé pour en donner quelque chose de lisible mais a fait l'objet de vérifications ouvertes à la critique, d'échanges réguliers avec Richard-Alain qui est une indiscutable caution intellectuelle dans ce domaine si pointu qui m'échappe.

 

SECTION II : 2e corps hiéroglyphique intègre : Les tumeurs bénignes de l’utérus pSmith XX, 18a, - XXI, 3a.

 

Fig 7, Les tumeurs bénignes de l’utérus pSmith XX, 18a, - XXI, 3a.

SECTION II : 2e corps hiéroglyphique déconstruit et traduit : (développé dans le chapitre Sur l'onguent)

XX, 18a Tu placeras une « oreille de hyœnidæ Information ouverte dans une nouvelle page (2)» sur de la graisse [Donc là il s'agirait de laisser macérer l'oreille d'une hyène dans de la graisse destinée ensuite à masser la vulve présentant les symptômes de la matométrie et autres fibromes.]

Fig 8, découpe de la Fig 7

XX, 18b après (apparition de) la putridité Fig 8, découpe de la Fig 7

XX, 18c + XXI, 1a tu l'en frotteras, :

correspond à sjn « frotter » puis

Fig 9, découpe de la Fig 7 [Groupe Gardiner selon le logiciel JSesh Information ouverte dans une nouvelle page S29-M17-K1:N35-Aa2:D36]

 

correspond à hr k sy

Fig 10, découpe de la Fig 7

Ce qui nous donne : « tu l’en frotteras » = sjn.hr.k sy (littéralement : « frotter » « toi » « quant à » « elle »)

  1. (sjn = zjn , verbe « frotter »)
  2. (hr = c’est une particule suffixale, ici : quant à) (k = à lire èk - c’est le pronom suffixe de la 2e personne du singulier : tu, te, toi…)
  3. (sy = s, c’est le pronom suffixe de la 3e personne du féminin singulier, ici dépendant : elle)

Par cette traduction je suis bien sûr en situation de retenir l'emploi de l'inessif Information ouverte dans une nouvelle page en qui en linguistique, comme l'inessif dans implique la pénétration ici par le massage.

    (2) Il s'agit de la hyène rayée (Hyaena Hyaena) qui était semble-t-il, la seule espèce connue de la civilisation pharaonique.".

XXI, 1b et enduiras ses

Fig 11, découpe de la Fig 7 [Groupe Gardiner selon le logiciel JSesh Information ouverte dans une nouvelle page V28-N35:D36-Aa16:O34-A24]

Soit : hn'     &     gz (sous-entendu hr.k) (littéralement : « et » « enduire » « toi (ses) » (3) 

XXI, 1c « parties vulvaires externes et intermédiaires »

XXI, 1d très souvent.

La formulation, très souvent est aussi l'image verbalisée d'une masso-récurrence.

    (3) Ce qui nous donne : « et enduiras (ses) » = hn' gz littéralement : « toi »

    (hn' = à lire héna , une préposition qui ici, correspond à = et, puis...)

    (gz = « enduire » avec le déterminatif d’action forte A24 )

    (sous-entendu hr.k : comme ci-dessus)

    (ses = sous-entendu pour la suite = « parties vulvaires externe et intermédiaire »)

    Précision : donc, si l'on ne veut isoler que l'expression "« enduire » avec" il ne faut conserver que la 2eme partie du glyphe XXI, 1b, à savoir « gz » [Groupe Gardiner selon le logiciel JSesh Information ouverte dans une nouvelle page Aa16:O34-A24]

Fig 12, découpe de la Fig 7

 

XXI, 1e Tu déposeras (ensuite)

XXI, 2a de la myrrhe sur de l'encens

Fig 8, découpe de la Fig 7

XXI, 1e entre ses deux cuisses,

Fig 13 découpe de la Fig 7

XXI, 3a (et) tu feras en sorte que la fumée émise pénètre XXI, 3b dans son vagin.

Fig 14, {sec. xxi 3a} découpe de la Fig 7

Ici la poésie de la traduction est quasi sublime, elle invite à déposer de la myrrhe mais pas n'importe où, il s'agit de la déposer sur de l'encens, entre les deux cuisses d'une femme malade, y amener le feu, le résorber jusqu'à la consummation végétale et en conduire la fumée à l'intérieure de la matrice toujours avec le même inessif "dans le vagin" qui semble corroborer le premier emploi déjà indicateur du principe de pénétration. Le feu est un purificateur notoire mais là il est comme traduit en fumée comme si sa mutation s'imprégnait de ses vertus apotropaïques. La clarté de l'intention purificatrice de l'act semble se nimber des mystères de ses fumigations Information ouverte dans une nouvelle page.

 

Développement

DICTUM Information ouverte dans une nouvelle page « au préalable » : Alors bien entendu n'étant moi-même pas égyptologue j'en suis réduit à des déductions illatives Information ouverte dans une nouvelle page, à des interprétations projectives de pures formes mais ce qui est interprété est déjà une verbalisation subjective de l'idée que l'on se fait de ce qu'elle est, de ce qu'elle a pu être, de ce qu'elle a pu drainer avec elle pour parvenir jusqu'à nous, c'est tout un ensemble de scénarios, de frames, de scriptes auxquels on va tenter de coller ou d'aller en fonction des didascalies Information ouverte dans une nouvelle page conscientes et inconscientes, quelque part, en désordre disséminé un peu partout dans notre culture, dans nos non-dits, en morceau, en attente de l'énoncé qui lui donnera corps. Si affirmer doit reposer sur des arguments irréfutables, supposer est une narration d'archiviste, c'est proposer selon la permission que nous donne l'imagination mais cette imagination ne procède pas que d'elle-même, elle entre invariable en résonance avec ce qu'au fond de soi on a toujours su comme si cela relevait d'une sorte de mémoire d'espèce, frame. J'aime beaucoup ce que dit Gershom Scholem Information ouverte dans une nouvelle page ce grand interpréteur de la mystique cabbalistique : « Les lettres et les noms ne sont pas seulement des moyens conventionnels de communication. Ils sont bien plus que cela. Chacun d'eux représente une concentration d'énergie et exprime une plénitude de sens qu'il est absolument impossible de traduire, du moins complètement, en langage humain. » Et bien voilà, hiéroglyphes, médecine ancienne, dans le receptacle des hommes d'alors restent une sémiotique mystique d'interprétant qui étaient à la fois des prêtres, des religieux, des excerçants à l'écoute des Dieux et des hommes.

 

Sur la hyène : une Hyaena Hyaena ou hyène rayée Information ouverte dans une nouvelle page.

Il serait dommage de mener ce travail d'étude impliquant de façon aussi centrale une oreille de hyène plongée dans un onguent à destination d'un massage sans se demander à quel genre pourrait bien appartenir cet animal alors que la seule entrée que nous ayons dans ce texte médical égyptien ne nous donne aucune autre indication. Il est à noter que dans la classification de Gardiner la hyène est associée à la lettre E correspondant à la section Mammifères dans laquelle elle est représentée à la quatre vingt deuxième position = E82 accompagnée de ce hiéroglyphe qui se dit Hétjet.

Fig. Gîza, mastaba de Néfer (Ve/VIe dyn.) : hyène amenée en offrande au mort (© Gizapyramids.org, AEOS_I_5588).

La systématique Information ouverte dans une nouvelle page nous indique que les hyènes font parties de la famille des hyénidés Information ouverte dans une nouvelle page, du latin hyaenidae, qui se divise en deux genres Information ouverte dans une nouvelle page distincts. D'un côté nous avons le genre binominal Crocuta crocuta ou hyène tachetée Information ouverte dans une nouvelle page, _la seule qui ricane et là bien sûr le sujet est trop sérieux pour que ce soit elle..._ et de l'autre, nous disposons du genre "Hyaena" qui forme alors deux espèces, la Hyaena hyaena dite hyène rayée Information ouverte dans une nouvelle page et la Hyaena brunnea ou hyène brune Information ouverte dans une nouvelle page. C'est Isabelle Régen dans Un animal 'bien aimé' des anciens Égyptiens : la hyène rayée Fiche technique page 50 qui nous dit que «...la hyène rayée (Hyaena hyaena) est, semble-t-il, la seule espèce de hyène qu’ait connue la civilisation pharaonique. ». Ma conclusion qui est plus assertorique Information ouverte dans une nouvelle page qu'apodictique Information ouverte dans une nouvelle page m'enjoins donc à considérer que notre hyène essorillée devrait donc être, si je tiens compte du "semble-t-il", une Hyaena hyaena, une hyène rayée.

Bien sûr ça ne change rien au sujet mais en identifiant l'animal en situation nous pourrons peut-être disposer d'éléments supplémentaires nous permettant de faire de futures associations.

Qu'elle est d'ailleurs la représentation de la hyène dans la vie quotidienne en Égypte ancienne ?

Je ne suis bien sûr pas plus autorisé que cela pour répondre avec justesse à cette question et loin de moi l'idée de faire de cette herméneutique Information ouverte dans une nouvelle page une succession de suppositio impropria (suppositions impropres) mais je peux quand même m'appuyer sur des textes déjà existants et tenter de dérouler mes propres relations de conversité. Il se trouve qu'Isabelle Régen nous éclaire sur la place qu'a pu occuper cet animal dans ce que j'appelle le ductus anthropologique égyptien qu'elle reconnaît naturellement comme étant moins stellaire Information ouverte dans une nouvelle page que le chacal thérianthrope Information ouverte dans une nouvelle page ou le scarabée Information ouverte dans une nouvelle page ce qui la rend moins attrayante.

Pourquoi avoir fait entrer, dans la préparation d'un onguent destiné à être apposé sur la vulve d'une femme souffrante, l'image de la hyène et pas celle du chacal ou de celle d'Isis Information ouverte dans une nouvelle page, la Grande magicienne et doctoresse propharmacienne [...] à la croisée du normal et du pathologique, du bien et du mal. (Jean/Loyrette, Éd. L'harmattan 2010 TDM Fiche technique, Jean, Ed. Cybele. 2012 TDM Fiche techniquep. 25) ?

Peut-être y-a-t-il des symboliques que je ne connais pas dans la théodynamique de cet animal puisque l'égyptologie n'est pas mon sujet premier mais le chacal étant une représentation masculine de la divinité d'Anubis Information ouverte dans une nouvelle pageou Inpou, son association avec le féminin n'était pas nécessairement la plus justifiée. Anubis est le protecteur des embaumeurs et aucun d'eux me semble-t-il, même parmi les prêtres égyptiens, n'à pu compter dans ses rangs des femmes. De plus, en égyptien ancien, la hyène rayée est désignée par un terme féminin, Hétjet là où le chacal se dit ounech et même s'il connaît un féminin avec ounechet, chacals et chiens-loups sont des réceptacles de divinités mâles, des projections de la figure masculine alors que la hyène s'aligne davantage sur le genre féminin.

Ce qui me surprend le plus c'est la dimension chtonienne Information ouverte dans une nouvelle page qui s'amorce dans ce jeu de figures et qui n'est sûrement pas à négliger car nous avons bien une correspondance partitive de cynocéphalie Information ouverte dans une nouvelle page égyptienne qui se déploie. En effet, Inpou (Anubis), dispose d'une partition génésiaque Information ouverte dans une nouvelle page à la fois d'espèce et de nature :
- d'espèce puisqu'il
arbore une tête de chacal, animal réputé impitoyable jusqu'à être qualifié de charognard, c'est-à-dire se nourrissant de cadavres versus embaumeurs, d'une tête de chacal, dis-je, et d'un corps anthropomorphe Information ouverte dans une nouvelle page pour ne pas dire d'humain.
- de nature ou d'essence enfin, dans la mesure où il souligne à la fois une jonction
anagogique Information ouverte dans une nouvelle page entre la vie et la mort mais aussi entre l'homme et l'animal coalescent Information ouverte dans une nouvelle page ou plutôt l'animal et l'homme puisque la tête est un sommet cynomorphe Information ouverte dans une nouvelle page et dévoreur là où le corps s'humanise. Rappelons qu'en Égypte, la pensée ainsi que tout ce qui est de l'ordre du sensible, de l'émotion est situé dans le coeur et donc ici localisées dans la partie humaine ce qui tend à rendre encore plus terrible sa terminaison canine.

Ca c'était pour la figure chacal/humain d'Anubis mais nous disposons en quelque sorte d'une équivalence spéculaire Information ouverte dans une nouvelle page humaine/hyénidé Information ouverte dans une nouvelle page, puisqu'à cette femme s'ajoute un attribut organique de hyène par macération. L'anubisation est donc déduite, elle ne s'opère pas par l'abouchement d'une oreille directement à la vulve de la patiente mais propagée en elle par pénétration.

Cet Anubis féminin n'est donc pas complet, pas terminé puisqu'il n'était que volontairement transitoire et probablement prescrit et pratiqué par des prêtres médecins.

Il ne s'agit pas de se focaliser sur un homme-chacal qui aurait trouvé une séduisante correspondance avec une femme-hyène (bon, un peu quand même) mais de trouver un schéma thérapeutique coaxial de préservation, de continuation, la vie vs la mort par antonymie sèche, la maladie vs sa guérison par opposition de conversité, la femme et la hyène, par opposition de complémentarité (l'une ayant besoin de l'autre), où se situe le principe funéraire lorsque l'on sait que dans son déroulé, les huiles étaient des éléments préservatifs ?

Ce que je voudrais tenter d'établir c'est la fonction distinctive et cumulative des expressions symboliques, magiques, thérapeutiques dans une proposition de sens. Lorsque les égyptiens proposent cette préparation est-ce de l'observation empirique ou cela engage-t-il d'autres mécanismes, cultuels Information ouverte dans une nouvelle page, des superstitions ?

La hyène ne contenait-elle pas davantage en elle les principes féminins et de la femme, et de l'oreille et de la vulve ? Nous verrons cela plus bas.

L'homme, depuis ses origines si fortement liées avec le reste du règne animal qu'il croisait dans les régions qu'il habitait, à constitué des affinités électives parfois très particulières avec certains de ceux-là. Cette présence animale comme végétale se retrouve dans sa statuaire zoomorphe Information ouverte dans une nouvelle page, dans ses métaphores, dans ses colonnes papyriforme Information ouverte dans une nouvelle page de Temples égyptiens, dans ses objets du quotidien comme ces vases à onguents thériomorphes Information ouverte dans une nouvelle page de temps en temps réalisés en défense ou en dent d'hippopotame. Il ainsi était naturel que les compositions cosmétiques ou thérapeutiques qu'il y faisait entrer soient elles-mêmes, en partie, issues de son milieu environnemental écoumène Information ouverte dans une nouvelle page (animal, végétal, minéral).

 

Sur l'oreille

Le texte : SECTION II : 2e corps hiéroglyphique déconstruit et traduit

XX, 18a Tu placeras une « oreille de hyœnidæ Information ouverte dans une nouvelle page (2)» sur de la graisse.
XX, 18b après (apparition de) la putridité...

Fig 8, découpe de la Fig 7

Évidemment nous allons d'abord nous interroger sur la place de cette partition animale, pourquoi utiliser l'oreille plutôt qu'un autre organe ?

Déjà, par pure analogie formelle il est difficile de ne pas voir la troublante similitude morphologique, elliptique, sinusoïdale quasi panchronique Information ouverte dans une nouvelle page qu'entretient l'oreille essorillée d'une hyène et le vagin blessé d'une femme, leurs circonvolutions anatomiques et enfin le sang d'un pavillon de hyénidé Information ouverte dans une nouvelle page ouvrant une sorte dialogue ménorrhéique Information ouverte dans une nouvelle page avec sa receveuse homo sapience sapience. Peut-être qu'une partie de mes assertions peuvent passer pour des paréidolies Information ouverte dans une nouvelle page anatomiques mais après tout nous sommes bien dans une médecine magico-religieuse de l'interprétation dans laquelle le prêtrisme Information ouverte dans une nouvelle page médicalisé traduisait ce que les dieux communiquaient ? Qu'est-ce que l'oreille d'une hyène pourtant mal considérée peut avoir de plus ou bien de similaire avec la matrice d'une égyptienne souffrante, quel passage peut-elle ouvrir pour permettre à cette femme, hyénidée par l'onguent, d'être entendu des dieux ? Est-ce que la proximité corticale de l'oreille de cette part animal en lien direct avec la vie sauvage et les forces souterraines, si confusément semblables au vagin, pourraient prétendre, voir, être la clé de cette intercession Information ouverte dans une nouvelle page ?

Il faut préciser tout de suite que la hyène ne fait pas partie du Panthéon égyptien, elle ne fut jamais divinisé, par contre certains éléments historiographiques nous laissent penser qu'elle fut domestiquée, voire même consommée, sachant que cela reste encore discuté par les archéozoologites, mais peut-on trouver avec la promiscuité humaine de la domestication une perspective linéale Information ouverte dans une nouvelle page qui, en reliant la bête à l'homme relierait l'oreille et le vagin ? relierait le désir de guérison qu'exige la douleur et la démarche qui nous fait consulter ? celle que l'on fait par la consultation des prêtres pour être soigné par eux, pour qu'ils intercèdent au-près des dieux ?

L'idée que cette oreille puisse être source de pouvoir ou soit capable de transmettre à un corps gras une information organique, métaphysique, thérapeutique c'est bien imposée à ces prêtres à un moment ou à un autre ? Quelqu'un a bien fini par faire ce lien entre hyène et mal, Homme et animalité, entre décoction et soins ? Il y eu bien quelques préparateurs pour formuler ce baume, pour l'amendé, pour décider que c'était l'auricule Information ouverte dans une nouvelle page qu'il fallait sectionner, faire macérer, en déduire la période la plus propice à son désagrègement, à sa décomposition, à sa propagation dans cette graisse désormais chargée de principes actifs. Cette solution est alors devenue médicalement suffisamment commune pour que des scribes en tracent les glyphes Information ouverte dans une nouvelle page sur un papyrus qui nous est parvenu.

Nous savons que de tout temps et dans toutes les cultures l'homme a voulu plus ou moins s'extraire de sa condition animale qu'il partageait avec les autres espèces dont la chasse constituait un palier magico-anthropologique par lequel passait divers niveaux d'échanges, alimentaires, culturels, métaphysiques etc. Il a alors tenté de s'accaparer l'énergie qui l'environnait, allant jusqu'à ingérer des d'individus de sa propre espèce par cannibalisme de correspondance. Si l'acte de manger donnait visiblement de l'énergie au corps n'était-il pas judicieux de penser que cette énergie pouvait potentiellement venir de la force vitale de ce que l'on mangeait comme transmise par une manducation Information ouverte dans une nouvelle page subsumée Information ouverte dans une nouvelle page ? Les végétaux contenaient l'énergie immobile de la terre, les animaux exprimaient l'énergie de ceux qui possédaient le mouvement, la prédation, la vitesse, la stratégie. Manger n'était donc pas qu'une simple nécessité physiologique mais devenait une transmission de faculté par absorption.

Chasser l'animal c'était déjà l'avoir vaincu, le domestiquer c'était le dominer en le plaçant dans sa maison, le manger, c'était s'accaparer au moins une partie de ce qu'il était dans la nature, rapide, fascinant, effrayant.

La hyène possédait cette caractéristique, ne pouvait-on pas alors la détourner par emprunt anatomique et l'applique par onction ?

Dans l'antiquité grecque et romaine, jusqu'à notre plus haut moyen-âge, de la Renaissance à la Révolution industrielle jusqu'au XXIe siècle, toutes sortes de produits organiques toutes espèces confondues, mortes ou vivantes, fraîches, pourries ou séchées, bouillies, pillées, intègres ou mélangées, mixions, excréments, larmes, végétaux, minéraux, gaz, incantations, furent exploités avec une imagination sans pareille, horrifique Information ouverte dans une nouvelle page, magique, alchimique Information ouverte dans une nouvelle page, scientifique, pour soulager les patients du mal qui les rongeait ou de leur bourse qui ne leur serait bientôt plus vraiment utile. Foi, crédulité, superstitions, désespoir, amour, sincère engagement professionnel, empirisme Information ouverte dans une nouvelle page, observation, raisonnements, déduction, preuves scientifiques, tous les rouages ont fonctionné pour arriver à une médecine moderne dont chaque époque était l'héritière d'hommes illustres dans leur domaine. Du charlatan au médecin moderne, de l'apothicaire aux laboratoires pharmaceutiques modernes, la manipulation a toujours existé. Mensonges, certitudes, marketing, de tout temps le médicament a fasciné, dévoré, tué, inféodé Information ouverte dans une nouvelle page dans la pire des dépendances et parfois soigner.

Alors bien sûr on peut toujours se dire que naturellement le soigneur est tributaire de son environnement et des influences de son époque au point de faire entrer dans ses compositions pharmacognosie Information ouverte dans une nouvelle page les forces terrestres qu'il pouvait saisir par la décoction, l'infusion, la macération etc. ce qui place de fait notre hyène parmi ces forces, elle est une énergie, une aspiratrice d'animam sanguinis.

Par exemple nous lisons (JEAN, 2012 TDM Fiche techniquep. 22 au sujet du traitement des plaies par la médecine égyptienne « L'utilisation de miel, de divers onguents composés et même de viande pouvaient être utiles. »)

Une formule de protection tirée d’un papyrus médico-magique du Nouvel Empire décrit le lion, la hyène et le chacal (loup africain) comme "les premiers des animaux à queue longue, consommant de la chair et buvant du sang ». Régen p. 51.  « Le plus souvent, des parties de l’animal peuvent être ingurgitées pour des raisons non alimentaires mais pseudo-thérapeutiques, via des philtres d’amour ou "des décoctions", en Égypte, au Soudan mais principalement au Maghreb... » Régen p. 57. Que puis-je faire d'autre sinon que d'être assertif et déduire de cette appétence Information ouverte dans une nouvelle page naturelle pour le sang un mécanisme qui, par association, pourrait donner à l'oreille le pouvoir d'entendre une matométrie Information ouverte dans une nouvelle page et de signifier à son instinct, à cette part sécable Information ouverte dans une nouvelle page, de boire celui contenu dans la rétention ? Rappelons que l'affection dont nous parlons est précisément une rétention de sang dans l'utérus qui gagnerait à être exhaurée Information ouverte dans une nouvelle page, bue. Pour rester dans ces sanguinaria, y aurait-il un infra dialogue cataménial entre menstrues et rétentions de celles-ci ?

L'oreille de hyène coupée impliquerait donc que les réflexes de cet animal nécrophage Information ouverte dans une nouvelle page pourraient se propager au mal lui-même et venir aspirer dans la patiente, par cette bouche à l'écoute, le sang qu'il cherche déjà dans la nature.

Peut-être aussi que, ce qui a été coupé serait en capacité de couper à son tour l'affection de la même façon qu'il préexiste encore aujourd'hui chez nous des coupeurs de feu ?

 

On peut aussi suggérer que, symboliquement, l'oreille se constituant de cartilages souples comme des variantes latérales de vagins soit faite pour être ensemencée par la parole des autres, par des incantations et que cette "tête parturiente Information ouverte dans une nouvelle page" accouche de la raison ou encore que celle d'un dieu entende l'intercesseur, le soignant. Bon, là je m'emporte un peu mais après tout l'oreille reste la seule partie molle qui combine à la foi la cynocéphalie Information ouverte dans une nouvelle page de la hyène dans sa forme chtonienne, manipulable comme une vulve et la thérianthropisation Information ouverte dans une nouvelle page symbolique de la malade par onction.

Si Anubis peut être regardé comme un chacal anthropomorphe Information ouverte dans une nouvelle page d'émanation divine, alors la hyène peut être circonscrite à sa cynocéphalie Information ouverte dans une nouvelle page auriformis Information ouverte dans une nouvelle page et se comporter comme telle là où on l'applique ou, pour faire plus simple, si l'on peut distinguer Anubis par sa tête de chacal, alors l'apicalité Information ouverte dans une nouvelle page auriculaire de la hyène présente des numerosa aequalitas « nombreuses similitudes » avec un sexe auriforme ou subauriforme (Information ouverte dans une nouvelle page), c'est-à-dire qui en a l'aspect et être capable de communiquer ensemble.

Dans cette division spéculaire Information ouverte dans une nouvelle page chacal/humain et humaine/hyénidé Information ouverte dans une nouvelle page nous avons une correspondance qui se fait avec ce que l'onguent amène de part de hyène à sa part de femme sinon en abouchant directement à la vulve un organe adjonctif sacrifié, en tout cas en l'apposant par macération successive, longue et comme un massage onomatopéique Information ouverte dans une nouvelle page, répétitif, contre, autour et dans la matrice en faisant appel à une autre sorte de graisse génésiaque Information ouverte dans une nouvelle page, mais afin d'absorber quoi ? L'énergie animale dévorant une autre énergie animale ?

Enfin il y a une autre figure qui m'interpelle lorsque l'on observe les chapiteaux hathoriques Information ouverte dans une nouvelle page qui chapeautent les colonnades de certains temples religieux arborant la déesse Hathor Information ouverte dans une nouvelle page nantie de ses oreilles de vache. Alors Hathor apparaît souvent sous la forme de ce bovidé ou encore sous celle d'une femme à cornes et la seule façon pour rendre l'image parlante pour celui qui la regarde d'en bas c'est de lui donner des attributs physiques aisément indentifiables. Une femme sur un chapiteau ça reste une femme, mais une femme avec des oreilles de vache, c'est Hathor, néanmoins, j'aimerais bien savoir ce que pourrait être la théodynamie de l'oreille dans la culture égyptienne ? Là sans doute sont les limites qui font qu'un masseur n'est pas un égyptologue et qu'un article ne constitue pas encore un ouvrage complet et fouillé.

(Voir si tu veux apporter un regard ou une précision médicale ou historique pour mesurer mon propos)

 

Sur la femme

Richard-Alain me dit que la femme était très considérée dans l'environnement nilotique Information ouverte dans une nouvelle page de ces époques même si, au regard de la datation imprécise de ce texte, son statut à pu beaucoup bouger puisque nous allons de l'Ancien Empire Information ouverte dans une nouvelle page l’Égypte antique Information ouverte dans une nouvelle page soit environ 2700 à 2200 av. notre ère jusqu'à la XVIIe dynastie Information ouverte dans une nouvelle page 1600 ans av. notre ère mais alors pourquoi l'associer à la hyène que des documents satiriques sur papyrus et des ostracons Information ouverte dans une nouvelle page du Nouvel Empire présentent comme couarde, animée d'une force brute confinant à la stupidité ? Peut-être parce c'est avant tout un charognard qui se nourrit de chairs en putréfaction, qu'elle est spontanément attirée par l'odeur du sang et de la mort que l'hématométrie peut amener par septicémie Information ouverte dans une nouvelle page.

Je le dis dans mon chapitre Sur la hyène, même si la hyène est peut-être moins stellaire que le chacal d'Anubis, elle reste à mon sens, une version féminine bien plus plausible d'Inpou/Inpw Information ouverte dans une nouvelle page dont-elle possède certaines de ses facultés cynégétiques Information ouverte dans une nouvelle page et necrophages Information ouverte dans une nouvelle page, tous les deux entretiennent une relation aussi bien avec le sang qu'avec la mort. Je rappelle que Hétjet en égyptien ancien comme hyène rayée en français sont tout deux féminins, ce qui ajoute de la force à l'analogie. La hyène est une femelle qui ici devient quoi ? Une partie ? une fonction ? une soeur ? une mère qui communique avec une autre femme et lui prête l'oreille, son oreille pour que les dieux à leur tour, prêtent là-leur, pour qu'elle/ils entendent le mal, le désigne, le chasse, et l'efface par matrotrophie Information ouverte dans une nouvelle page ? Quelle part de hyène pénètre dans l'épiderme de la matrice féminine ? Quelle part de féminin possède la hyène pour lui mettre ainsi de dévorer sa mère ?

C'est un peu le même procédé que la différence que fait Claude Lévi-Strauss Information ouverte dans une nouvelle page entre cannibalisme Information ouverte dans une nouvelle page et omophagie Information ouverte dans une nouvelle page autrement dit, entre manger quelqu'un pour ingérer son pouvoir et manger quelqu'un par goût sachant que les principales sources d'anthropophagies étudiées étaient plutôt limitées à l'absorption d'un organe ou d'une région du corps réputée contenir ce pouvoir. Le pouvoir de l'oreille de hyène est-il vectoriel, symbolique ? Pourtant cette oreille est bien mangée, sinon par les voies hautes en tout cas l'est-elle par les voies basses ?

Dans le cas présent, le cannibalisme est juste déplacé même si nous sommes en présence d'un incertae sedis Information ouverte dans une nouvelle page (de siège incertain) redoutable puisque Anubis, homme/chacal, maître des nécropoles, prépare les morts à l'embaumement et se voit ici remplacé par quoi ? Une femme à laquelle est adjoint une concoction d'oreille, une hyène essentialisée qui s'occuperait de quoi ? D'une vulve/nécropole qu'un corps étranger menacé de septicémie ? Cette femme, ne devient-elle pas de fait une Anubis par adjonction ?

Anubis participe avec Isis Information ouverte dans une nouvelle page et Nephtys Information ouverte dans une nouvelle page à la reconstitution du corps dispersé d'Osiris, peut-on envisager que cette hyène fractionnelle ait cette même fonction d'éloignement de la mort, de reconstitution, de réparation d'un corps qui se disperse dans la maladie et que l'xéno-baume, au sens grec de xénos Information ouverte dans une nouvelle page qui signifie (« étranger, hôte ») rétablirait dans ses fonctions ?

A la fin du chapitre Sur la hyène, j'abordais rapidement ce mimétisme qui donnait à diverses formes langagières, architecturales, médicamenteuses, des principes vitaux empruntés au vivant, à la motilité Information ouverte dans une nouvelle page, à la force, aux superstitions et là, nous avons de nouveau, toute une infra strate Information ouverte dans une nouvelle page qui s'aménage comme un cannibalisme par percolation Information ouverte dans une nouvelle page dans l'ensemble de la sphère sociale lui donnant une morphologie digestive dont on utilise les symboles pour s'en emparer à moindre frais. Donc, ce dont on se gausse au premier abord lorsqu'on les aperçoit dans leur gangue originelle (macération d'une oreille de hyène) redevient valides dès lors qu'ils se réactualisent, s'imposent par la répétition du schème Information ouverte dans une nouvelle page sans même avoir besoin de beaucoup changer de lexique (la force de la bête, le sang réal du lion, la rapidité du guépard, le vénéneux, le rapide, le mortel, même notre astrologie y puise et bien d'autres encore). Sur les douze signes du zodiaque Information ouverte dans une nouvelle page, huit constituent un bestiaire : Bélier Information ouverte dans une nouvelle page, Taureau Information ouverte dans une nouvelle page, Cancer Information ouverte dans une nouvelle page (crabe), Lion Information ouverte dans une nouvelle page, Scorpion Information ouverte dans une nouvelle page, Sagittaire Information ouverte dans une nouvelle page (Centaure Information ouverte dans une nouvelle page), Capricorne Information ouverte dans une nouvelle page, Poissons Information ouverte dans une nouvelle page, alors pourquoi l'Égypte ne s'en servirait pas ? Nous aussi nous nous nourrissons de nos symboles dont nous mangeons la force en les dotant d'une magie ontologique Information ouverte dans une nouvelle page qu'on utilise pour s'augmenter à divers degrés. Ainsi, la première expression de réalité augmentée Information ouverte dans une nouvelle page de l'histoire fut-elle probablement, le symbole.

(Voir si tu veux apporter un regard ou une précision médicale ou historique pour enrichir mon propos)

 

Sur la vulve

J'ai tenté de mettre en avant les similitudes morphologico-panchroniques Information ouverte dans une nouvelle page qu'il y a entre l'oreille des cyénidés/canidés et le sexe féminin mais il y a une autre corrélation forte, une force casuelle que j'aimerais souligner avec le couple infernal odeur Information ouverte dans une nouvelle page/olfaction Information ouverte dans une nouvelle page (l'organe) à la fois si nécessaire et propre à la hyène (celles qui la relie à son groupe social et de son environnement), mais aussi celles nécessaires et propres au sexe, l'odeur naturelle de la putréfaction de l'essorillage calquée sur celle naturelle de la vulve au regard de l'indisposition en présence.

Section II XX, 18a Tu placeras une « oreille de hyœnidæ Information ouverte dans une nouvelle page (2)» sur de la graisse.
XX, 18b après (apparition de) la putridité... Ici l'odeur de la dissolution des chairs est donc bien mentionnée, recherchée, pas de putridité sans odeurs méphitique Information ouverte dans une nouvelle page.

Je ne veux pas faire d'anachronisme étymologique oiseux mais juste rappeler que smegma Information ouverte dans une nouvelle page signifie « détergent » en latin et smekhein, « laver, essuyer, nettoyer ») en grec, c'est-à-dire que cette texture savonnaire Information ouverte dans une nouvelle page, caséeuse Information ouverte dans une nouvelle page serait naturellement nettoyante, alors comment ne pourrait-on pas envisager que l'odeur, celle se propageant par la macération, ne puisse pas aussi se formuler pour combattre celle d'une tumeur ou d'un lixiviat Information ouverte dans une nouvelle page physiologique ? La pourriture de l'une soignant la pourriture de l'autre. Ne traite-t-on pas les effets d'un venin par l'adjonction d'un autre ? La dose faisant le poison la voici qui à l'inverse peut faire le médicament. L'odeur, messager privilégié du poison dans le règne animal, que l'homme propage par de la graisse imprégnée de celle d'une oreille qui y a fermenté et dont l'essence va doucement pénétrer par l'intermédiaire d'un massage.

Jusqu'au XIXe siècle en France, la crasse, le suint, l'odeur même du corps jusqu'à l'excrément qui s'entassait devant nos portes étaient considérés comme préservatifs, protecteurs. Des médicaments qui contenaient de l'urine et des selles furent formulés, vendus, consommés comme le rappelle encore cette étrange devanture aussi massive et brune que la matière qu'elle se propose d'acheter et de vendre au n° 70 de la rue de la Mairie, à Montreuill-Bellay Information ouverte dans une nouvelle page (CP 49260) d'une apothicairerie montrant un homme déféquant. Il en résultait que certains onguents, pommades étaient alors fait à base de Dia merdis ou (merde du jour), toujours plus présentable lorsqu'on le dit en latin.
Les contraires s'attirent, la mort qui tue peut être combattue par des messages de mort qui alors potentiellement soigneraient. L'odeur ne se constitue comme désagréable, dangereuse, que pour l'espèce qui ne doit pas la consommer lorsqu'une autre s'en chargera ce qui implique bien que ce qui est mortel pour l'une est délicieusement comestible pour l'autre.

Dans la 2e section, capture XXI, 2a, le parfum est bien convié puisque l'on parle de myrrhe déposée sur de l'encens que l'on imagine pas réduits à une fumigation Information ouverte dans une nouvelle page déduites de toute fragrance et XXI, 3a tu feras en sorte que la fumée émise pénètre XXI, 3b dans son vagin. La fumée n'est alors plus que des végétaux consumés, modifiés et chargés de nouvelles fonctions, de forces, d'odeurs qui opèrent une dialectique entre bonne et mauvaise odeur. A l'époque hippocratique, l'odeur était déjà un des élément du diagnostique, celles des haleines, de l'urines, des transpirations étaient et furent de tout temps amplement commentées.

(Voir si tu peux apporter un regard ou une précision plus médicale pour mesurer mon propos)

 

Sur l'hématométrie Information ouverte dans une nouvelle page

Il s'agit d'une rétention de sang dans l'utérus souvent causée par une obstruction des voies utérines dues soient à une augmentation de volume des parois vaginales (tension arthérielle), soient un hymen clot. La maladie n'est pas mortelle mais elle peut tout de même amener de sévères complications comme des infections et des péritonites Information ouverte dans une nouvelle page qui là, sont fatales.
Ce qui est troublant c'est que ce sang des menstrues empêché dans ses écoulements puisse devenir source de vie, de fécondation et en même temps source de mort, (le sang de la vie devient ici celui de la mort) et que c'est précisément à un organe mort que l'on demande d'en rétablir le cours en vidant l'organe congestionné comme une
livor mortis Information ouverte dans une nouvelle page. "Le sang quittant la vie, le sang quittant la mort (la pathologie)", une vie sacrifiée (la hyène) pour en sauver une autre (la femme).

D'un point de vue plus médical et pour savoir si le massage pouvait être de nature à soigner l'matométrie, nous pensons qu'en effet, si elle avait pour origine une occlusion hyménéal Information ouverte dans une nouvelle page complète ou microperforée provoquant une accumulation sanguine, le massage permettait une perforation par les doigts particulièrement indiquée à une époque où l'on ne disposait pas des outils actuels. Si l'hématométrie provenait d'une hypertension, alors le massage pouvait tout à fait être indiqué pour relaxer la zone et produire une détente de nature à relâcher les fluides corporels.

(Voir si tu peux apporter un regard ou une précision plus médicale pour mesurer mon propos)

 

Sur l'onguent (en tant que support, dissocié du massage)

 

Ici il ne s'agit pas d'une passable histoire d'immersion d'oreille dans une suif Information ouverte dans une nouvelle page quelconque ou de se contenter d'imaginer l'épanchement sanguin qui aurait pu plus ou moins volontairement être ajouté mais bien d'un procédé réfléchi visant à lui communiquer un contexte immersif fait de principes actifs organiques, magiques pour qu'ils communiquent selon les pouvoirs de chacun avec l'organe destinataire. L'oreille segmentée se désagrège dans une dilaceratio corporis Information ouverte dans une nouvelle page thérapeutique, la pourriture de l'organe recherchée, étudiée est ici ralentie, modifiée, transmutée par un corps gras cynophile Information ouverte dans une nouvelle page et cynoactif rendu magique par les dieux. Anubis avait, dans ses attributions de dieu, l'embaumement, celui qui en particulier empêchait la putréfaction des corps, la hyène, elle, devenait une sorte de plénipotentiaire Information ouverte dans une nouvelle page du soin (solidaire par le sexe hyène/femmes) destinée à avoir les mêmes effets momentanés que l'Anubis de référence, construit pour l'occasion pour la préservation du corps et l'éradication du mal.

(Voir si tu veux apporter un regard ou une précision pour mesurer mon propos)

 

L'ONGUENT COMME CORPS GRAS

Que dit le texte égyptien : SECTION II : 2e corps hiéroglyphique déconstruit et traduit

Préparation de l'onguent :

XX, 18a Tu placeras une « oreille de hyœnidæ Information ouverte dans une nouvelle page (2) » sur de la graisse. (L'oreille/graisse sont les médiateurs coaxiaux du message)
XX, 18b après (apparition de) la putridité... (comme si l'anastomose Information ouverte dans une nouvelle page entre la hyène et la femme se faisait par la dissolution partielle de l'oreille dont le pourrissement est l'artefact ex voto.)

Fig 8, découpe de la Fig 7

L'onguent est central et plurifonctionnel, il provient du sebum/cerumen protecteur d'une oreille oléifère Information ouverte dans une nouvelle page qui se mélange alors à un corps gras de destination, qui sera à son tour généreusement frotté sur un sexe et dans un sexe, disposant lui-même de ses propres mécanismes de lubrification internes.

Si la graisse est en capacité d'absorber les caractéristiques de l'animal sauvage lorsqu'il est vivant, que peut-elle restituer de plus lorsqu'il est mort et en décomposition ? Quels sont les messages, de quoi s'amplifie-t-elle lorsqu'elle s'associe au pouvoir de la mort qu'elle prend et qu'elle absorbe ? On peut aisément conjecturer qu'elle dévore la pathologie en s'emparant de l'instinct prédateur d'un animal lui-même hématophage Information ouverte dans une nouvelle page et propriétaire de l'oreille dont on sollicite le pavillon et dont on disséminera, massage après massage dans la patiente, des éléments de forces captées.

Ce baume met-il cette femme en situation de hyénisation ? Quelle part de cet animal entre en elle ?

A chaque application, à chaque passage d'onguent, la hyène s'immisce un peu plus par et dans la matrice pour faire de cette femme le réceptacle symbolique d'une cynocéphale Information ouverte dans une nouvelle page auriformis.

L'onguent par putridité mêle le terrain uligineux Information ouverte dans une nouvelle page de la décomposition à celui de la substance grasse et à la texture de la vulve, là encore, le dialogue qui s'opère est intéressant, il implique odeur/putréfaction & encens, la sanguinité et enfin une correspondance morphologique et déique.

Si vous me permettez cette digression La graisse, comme au chant I écrit aux alentour de 446-474 dans l'Iliade Information ouverte dans une nouvelle page d'Homère Information ouverte dans une nouvelle page montre par association, l'importance du message qu'elle transporte :
"
Après qu'ils eurent prié, ils répandirent les grains d'orge émondés,
Tirèrent la tête des victimes en arrière, les égorgèrent, les écorchèrent.
Ils détachèrent les cuisses, les recouvrirent d'une couche de graisse
Des deux côtés et y placèrent des morceaux de chair crue."

Utilisation de l'onguent :

XX, 18c + XXI, 1a tu l'en frotteras, (tu répandras sur et dans son sexe cette préparation, ce xéno-baume).

(Voir si tu veux apporter un regard ou une précision pour mesurer mon propos)

 

L'ONGUENT COMME FUMIGÈNE

Utilisation de la fumigation :

Nonobstant, et cela ne pouvait pas nous échapper, dans cet exemple précis, le médiateur n'est pas toujours que lipidique & circum-auriculaire Information ouverte dans une nouvelle page mais peut se faire fumigène, constituant ce que j'appellerai une capnothérapie, néologisme qui vient de la racine kapnós Information ouverte dans une nouvelle page qui en grec ancien signifie (« fumée, vapeur »). En fait, nous savons que les égyptiens, les grecs Information ouverte dans une nouvelle page, les mésopotamiens Information ouverte dans une nouvelle page pratiquaient, parmi bien d'autres arts divinatoires celui de la capnomancie Information ouverte dans une nouvelle page qui consistait à interpréter l'ascension des fumées d'une incandescence, leurs couleurs, leurs densités etc, mais là, nous avons une variante qui semble donner à la fumée un pouvoir comme souvent surnaturel, thérapeutique. Cette capnothérapie fait intervenir la myrrhe et l'encens dans son service et/ou, prescription végétale qui agit ici comme le ferait une moxibustion Information ouverte dans une nouvelle page mais à distance. La moxibustion c'est ce procédé qui consiste à stimuler par la chaleur des points d'acupuncture Information ouverte dans une nouvelle page (Chine) alors que, dans le cas présent, la chaleur semble se propager au vagin de façon ascendante, on l'oriente vers lui.

Comme il y eu l'art de la libanomancie Information ouverte dans une nouvelle page, du grec ancien, líbanos (« encens ») Information ouverte dans une nouvelle page et de la lécanomancie Information ouverte dans une nouvelle page avec l'emploi des parfums suffisamment fréquents pour être dûment interrogés, il n'y a aucune raison pour qu'ils n'aient pas été utilisés pour soigner en se formant autour d'une libanothérapie, passant ainsi de façon tout à fait naturelle de la divination aux soins. L'encens eut un rôle majeur en Égypte comme en Mésopotamie Information ouverte dans une nouvelle page au point qu'il aurait été jusqu'à former le nom d'un État voisin, líbanos, Liban Information ouverte dans une nouvelle page, géographiquement proche du pays des Pharaons et de notre registre médical, c'est dire l'importance de ce procédé.

XXI, 1e Tu déposeras (ensuite)

XXI, 2a de la myrrhe sur de l'encens

Fig 8, découpe de la Fig 7

XXI, 1e entre ses deux cuisses, (nous avons là la localisation de l'endroit où l'encens doit être mis pour fair effet)

Fig 13 {sec.xxie} découpe de la  Fig 7

Puis :

XXI, 3a (et) tu feras en sorte que la fumée émise pénètre XXI, 3b dans son vagin.

 

Fig 14, {sec. xxi 3a} découpe de la Fig 7

L'intention était-elle d'amplifier la charge calorifique sur l'organe pour le détendre un peu, favoriser la pénétration de la graisse et l'écoulement du sang ? Est-ce une forme primitive, parcellaire de moxibustion égyptienne ? Est-ce que ce sont les propriétés toxicologiques de la fumée qui étaient recherchées ou bien ses facultés siccatives Information ouverte dans une nouvelle page qui pouvaient potentiellement participer à l'assèchement du sang ?

Ici il s'agit bien sur de fumée mais, jusqu'à quand la fumée reste de la fumée ? Il faudrait savoir ce que myrrhe et encens produisent comme suie, sèche ou grasse ? A moins que ce ne soit l'aspect fuligineux qui ait été recherché, qu'il y ait une symbolique quelconque entre suie et noirceur, monde de la nuit et divinité ! La fumée serait-elle un médicament, un relaxant, un médium, un langage, une communication ?

En Europe, la fumigation Information ouverte dans une nouvelle page fut aussi utilisée comme aseptisant à l'instar du feu purificateur pour combattre les épidémies pestiques qui décimaient les peuples. Hippocrate aussi d'ailleurs propose une fumigation vaginale même si il est évident qu'une partie de l'héritage des médecines grecques de Cnide et de Cos vient tout droit d’Égypte. Nous lisons effectivement dans le tome 8 section 11 chapitre Traitement du cas où le sperme n'est pas retenu parce que le corps entier est en cause Information ouverte dans une nouvelle page, livre 1er p. 47 des Oeuvres complètes d'Hippocrate par Émile Littré Ed. Baillière 1839-1861 en 10 volumes TDM * *  * * * Fiche technique« ...la femme ira auprès de son mari au début, ou, mieux, quand elles finissent, et plutôt coulant encore que complètement disparues. Au moment d'aller auprès de son mari, elle fera quelqu'une des fumigations aromatiques et astringentes ; la fumigation se fera par le couvercle et le roseau, le médicament ayant été jeté sur de la cendre chaude ; quand le médicament est jeté, elle dispose le couvercle et le roseau, et, s'asseyant, reçoit la fumigation. Quand il faut faire la fumigation, elle se servira de la sonde de plomb, afin que la fumigation trouve ouvert l'orifice utérin. »

Ou encore Jean/Loyrette, Éd. L'harmattan 2010 TDM Fiche technique« Au pméd. Berlin 69. 6, 9-10 et 70. 6, 10-11, la fiente d’hirondelle figure dans deux préparations de fumigations, prescrites à l’occasion d’un problème dermatologique pour le premier, ORL pour le second, tous deux d’étiologies démoniaques. »

De la même manière, ne prête-t-on pas au papier d'Arménie Information ouverte dans une nouvelle page des vertus d'asepsie plus ou moins vérifiées, de purification de l'air ? Les pulverisateurs de Lucas Championnière (fils) Information ouverte dans une nouvelle page sont une brumisation de formules antiseptiques dans l'air et ce brouillard n'est autre qu'une fumée d'eau. La fumée de par son caractère insaisissables et ondoyant conserve un caractère mystérieux, angoissant, magique dont les prémisses ont probablement commencé avec l'avènement du feu, et c'est ce couple infernal qui fut utilisé lors des grandes épidémies.

Nous le lisons aussi dans À propos des instruments médico-chirurgicaux métalliques égyptiens conservés au musée du Louvre, par R.-A. Jean, Éd. Cybele, Paris, 2012 TDM Fiche technique dans Introduction de Anne-Marie Loyrette "Pour les médicaments, nous connaissons déjà un certain nombre de ressources puisées dans les mondes animal, végétal et minéral. Divers produits ont été identifiés après analyses physico-chimiques d’échantillons retrouvés dans des tombes. La paléobotanique apporte également des réponses. Ces remèdes servent parfois à combattre l’infection locale, à réduire l’inflammation et à favoriser la cicatrisation. Il faudra aussi essayer de déduire quelles pouvaient être les drogues aptes à participer à une certaine forme de sédation, voir à une insensibilisation."

Tant que nous sommes sur la fumigation vulvaire et donc dans une forme symbolique de massage, je voudrais faire un focus sur le papyrus de Ebers* (1837-1898 Information ouverte dans une nouvelle page) d'ailleurs acheté au même moment en 1862 par Edwin SMITH (1822-1906 Information ouverte dans une nouvelle page), et qui reste encore aujourd'hui l'un des plus anciens traité de thérapeutique égyptienne qui nous soit parvenu puisqu'il daterait du règne d'Amenhotep III Information ouverte dans une nouvelle page XIVe ou XVe siècle avant notre ère (date variable selon les égyptologues).

Dans le PDF • Richard-Alain  JEAN,  « Clinique obstétricale égyptienne  - I X.  La surveillance (1) : Les déviations utérines. Les prolapsus génitaux. Les occlusions intestinales », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers, 1er décembre 2017 page 7 Fiche technique chapitre 2. Les prolapsus génitaux - section 2.1.1. pEbers Information ouverte dans une nouvelle page 795.94, 7-8, nous avons une cette mention :

7c Un ibis 8a de cire. À placer sur des braises. Pratiquer une fumigation vaginale. (b)

(b)

Rd (=w) 'q hty r k3.t =s « Pratiquer une fumigation vaginale », lit.  « faire que la fumée (hty) pénètre dans son vagin (jwf/k3.t) ».

Pourtant la chair d'animaux terrestres n'était pas la seule à faire l'objet de fumigation, l'ichtyothérapie (thérapie par le poisson) était aussi beaucoup pratiquée comme le relate Jean/Loyrette, Éd. L'harmattan 2010 TDM Fiche techniqueChapitre VII - 7.2.1. p. 121 « La nageoire supérieure du synodonte Information ouverte dans une nouvelle page est utilisée en fumigation pour chasser un mort d'une oreille est donné localement contre la migraine (pEbers Information ouverte dans une nouvelle page 250, 47, 14-15). » et page 121 « ...la cendre de tête de perche avec du sel, de la sarriette et de l'huile guérit la matrice, en fumigation elle expulse l'arrière-faix Information ouverte dans une nouvelle page ». Ceci pour illustrer l'importance de la méthode dans la médecine de cette époque.

* voir l'ensemble des masso-entrées présentes dans le pEbers.

(Voir si tu veux apporter une précision ou mesurer mon propos)

 

SUR LE MASSAGE : (en tant que pratique dissociée du support)Le dieu Seth.

XX, 18c + XXI, 1a tu l'en frotteras, :

correspond à sjn « frotter » [Groupe Gardiner (?)M17-K1:N35-Aa2:D36]

Fig 9, découpe de la Fig 7

 

Si l'onguent est central par ses différents stades de préparation, d'application et par ses effets supposés, il ne passe jamais que par le toucher et par un toucher essentiellement massant, actif. Nous avons dans ce texte deux masso-entrées majeures, la première est horrifique par l'essorillage de la hyène et l'autre plus poétique avec la fumigation Information ouverte dans une nouvelle page de la vulve ayant pour entregent la myrrhe et l'encens que je me autorisé à envisager comme un massage fumigé Information ouverte dans une nouvelle page.

Peut-on envisager un massage in verbis et in factis superposant incantations et de passes spécifiques ? Dans préface p. 12 de Sydney-Hervé Aufrère, La mère, l'enfant et le lait en Égypte ancienne, par R-A Jean et Anne-Marie Loyrette, Ed. L'Harmattan 2010 TDM Fiche techniquenous avons cette pratique de la prière énoncée avant l'intervention pour mettre les dieux dans les meilleures dispositions possibles et surtout d'obtenir des protections idoines fasse aux forces maléfiques de Seth Information ouverte dans une nouvelle page , le dislocateur démonique (représentation ci-contre). Et là nous avons cette étrange articulation in verbis où des historiettes narrant des équivalences divines mises en situation qui viennent interagir en puisant dans folklore égyptien pour superposer historiolae et pathologie. (Me dire si j'ai bien compris ce passage en bas de ta p. 12)

 

 

1. MASSAGE OLÉIFORME Information ouverte dans une nouvelle page

Le massage est la primo constituante Information ouverte dans une nouvelle page d'un soin que la mystique abandonne à une collection de passes techniques, que la pression nourrie et de matières et d'intentions, que les doigts apaisent, que l'oreille offerte aide peut-être à entendre ou à faire entendre davantage, que le sacerdote Information ouverte dans une nouvelle page propose, appliquent peut-être et que le ou les Dieux résolvent. Dans ce passage plurivoque Information ouverte dans une nouvelle page, le massage se voit convoqué, il se déroule selon une méthodologie bien établie. Il faut « frotter » entre les cuisses de la patiente. Il faut amener le message, l'envoyer vers, y verser le sang d'une hyène pour libérer celui de la femme et cela, seul le massage le permet.
Oreille, graisse et main ; massage, messager et véhicule ; prêtre-rédacteur d'ordonnances et dieux ou forces-destinataires. Ici, le mouvement vulvaire, l'onction des lèvres, la friction comme un réveil de quelque chose qui ne fonctionne plus abouti à une inter différenciation dicible Information ouverte dans une nouvelle page, d'exprimable comme l'onguent est appeler à s'imprimer et à s'exprimer à travers le derme intime. Puis il s'agit ensuite d'établir, au-delà des mots, tout un lexique de formes, d'approches dans l'espoir de déjouer les mécanismes du secret, les maux et les dieux restent invisibles mais l'homme n'en est pas moins le principal interlocuteur des forces supérieures.

Ici, nous avons donc très nettement une trace de massage dans l'Égypte ancienne et d'un massage cyno-thérapeutique passant par une graisse cynophile Information ouverte dans une nouvelle page.

Je me demande si l'importance que la graisse avait dans le déroulé sacrificiel dans la culture grecque puis romaine avait la même force en Égypte ?

 

2. MASSAGE FUMIGÉ Information ouverte dans une nouvelle page

Le massage n'est pas que digité mais peut aussi être dans le cas présent devenir fumigé. La graisse, premier médiateur ou pourrait-on dire aussi premier messager était entrée avec l'aide des doigts de l'intervenant mais là, la fumée entre par sa force ascensionnelle. Les volutes deviennent des doigts fusiformes Information ouverte dans une nouvelle page qui pénètrent leur message par libano-massage.

XXI, 1e Tu déposeras (ensuite)

XXI, 2a de la myrrhe sur de l'encens

Fig 8, découpe de la Fig 7

XXI, 1e entre ses deux cuisses, (nous avons là la localisation de l'endroit où l'encens doit être mis pour fair effet)

Fig 13 {sec.xxie} découpe de la  Fig 7

Puis :

XXI, 3a (et) tu feras en sorte que la fumée émise pénètre XXI, 3b dans son vagin.

 

Fig 14, {sec. xxi 3a} découpe de la Fig 7

Dans la 2e section, XXI, 1e on « dépose XXI, 2a, de la myrrhe sur de l'encens » comme deux paraboles qui se feraient face ! « XXI, 3a (et) tu feras en sorte que la fumée émise pénètre XXI, 3b dans son vagin. » On se croirait dans l'Iliade Information ouverte dans une nouvelle page évidemment bien postérieure mais là aussi les fumées montent au ciel comme un messager. Les dieux ne consomment pas les nourritures terrestres mais bien leur immolation. Mais regardons bien cette immolation thérapeutique, n'est-elle pas distribuée par des mains d'hommes, de prêtres, d'intermédiaires que la combustion rend opérante ? Nous avons là l'image quasi figurative de volutes de fumées pareilles à des doigts massants que l'on envoie vers la vulve, dans la vulve. Il s'agit de faire faire aux dieux ce que l'homme propose, le sexe en offrande, la main comme médiatrice. Cette fumigation thérapeutique peut ainsi être légitiment observée comme un massage à part entière fait pas des doigts de brumes, des smog d'intention.

Une aparté masso-thanato-morbide

 

(UNE APARTÉ MASSO-THANATO-MORBIDE)

La lecture de ce paragraphe n'est pas utile à la compréhension de l'ensemble que je viens de rédiger mais entre dans le cadre d'un autre travail beaucoup plus vaste qui consisterait à répertorier le principe de pulsion de mort dans le massage et dans ses textes. J'ouvre donc cette parenthèse symptomale pour y rassembler tous les matériaux qui pourraient me permettre de constituer un corpus dédié déjà en cours afin de disposer des connections utiles lorsqu'il s'agira de les exploiter.

Aparté dans l'addendum Information ouverte dans une nouvelle page, cette scène ci-dessous, qu'on le veuille ou non est un massage et un massage de mort dès lors que l'on accepte un instant de considérer le toucher comme un proto-massage, à savoir un massage en construction. Ce n'est pas le sujet mais j'en profite pour installer ici une incise afin appelant à collationner l'ensemble des textes liés à l'embaumement, à la manipulation des cadavres pour mieux le revisiter à travers un masso-prisme thanatique en Égypte.

Comme vous le savez sûrement c'est Freud Information ouverte dans une nouvelle page en 1920 qui, à la suite de la mort de « sa chère éblouissante Sophie », introduira dans Au-delà du principe de plaisir (et donc d'Éros Information ouverte dans une nouvelle page), cette fameuse notion de pulsion de mort ou de Thanatos Information ouverte dans une nouvelle page, répondant à une constituante du mental humain dans la psychanalyse freudienne.

Dès la formation du CFDRM de Paris en 2008 j'avais établi un département qui s'intitulait de façon assez scolaire Le massage et la mort et qui reste par trop primitif mais il amorçait cette jonction nécessaire entre massage et mort. Je crois que ce doit être dans Massages thanato-morbides dans la carte-postale caricaturale, par A Cabello 3/08/2013, que j'ai du former pour la première fois cette nomenclature plus adaptée permettant la nuance en commentant l'item "massage thanato-morbide" comme un sous-ensemble générique défectif, une famille qui serait amenée à désigner une configuration de massage impliquant une division antithétique des paradigmes de convergences. En effet, le massage rime par habitude avec les plus nobles attributs que sont relaxation, bien-être, mais l'on rechigne à en descendre les degrés jusqu'aux spécularités de l'infâme inversion et imaginer qu'il puisse, à quelques moments que ce soit, avoir un quelconque lien avec ce qui constituerait sa négation morbide au sens figuré. Par exemple, l'Empereur, Commode Information ouverte dans une nouvelle page se fit probablement masser à de nombreuses reprises par ce même masseur qu'il devait beaucoup apprécier mais qui deviendra pourtant son étrangleur si l'on en croit L'Empire romain de 192 à 325, par Christian Bonnet, Bertrand Lançon, Ed. Ophrys 1998 TDM Fiche technique page 55, et de fait, cet étranglement est un massage à l'envers, un massage thanato-morbide, c'est-à-dire que les marqueurs du sensible généralement utilisés pour faire du bien sont ici sciemment détournés pour faire mal, pour tuer. Ainsi, comme l'on parle de nombres entiers positifs Information ouverte dans une nouvelle page et négatifs Information ouverte dans une nouvelle page il y a des massages positifs et négatifs par lesquels nous trouvons le point de bascule, une transverbération Information ouverte dans une nouvelle page de ligne qu'il s'agirait d'étudier. Ne pensez pas que j'exagère puisque c'est bien d'un "massage du cou" dont parle Althusser lorsqu'il parle de étranglement sa compagne Hélène Rytmann dans L'Avenir dure longtemps - suivit de Les Faits - Autobiographies Ed. Stock 2007 TDM Fiche technique.

Fuzzy concept ou concept flou, un sous-ensemble du massage thanato-morbide tel que je le définis

C'est un concept anglo-Saxons qu'on utilise en linguistique pour expliquer que si par exemple deux espèces possèdent des caractères taxinomiques Information ouverte dans une nouvelle page en commun tels que la poule et l'aigle qui sont des oiseaux, et bien dans l'arbitrage que chacun fait au gré des valeurs établies comme la force symbolique incarnée, la capacité à être conforme avec notre perception, la poule paraîtra toujours moins oiseau que l'aigle, le lézard, moins reptilien que le serpent.

En langage masso-conversif cela donnerait que si vous pouvez tout à fait admettre que le massage peut être à la fois ce processus de détente que nous connaissons tous et une gestuelle réflexe telle que se frotter la jambe lorsqu'on se cogne ou même encore être dégradé jusqu'à considérer que caresser le front d'un mourant que l'on rassure en serait une forme, et bien quoi qu'on fasse, le sens premier de massage en tant que moment de prédilection sera toujours plus légitimé par cette désignation principale comprise par tous alors que les autres, plus marginales, resteront périphériques, aurorales. Pourtant, entre les deux, l'un n'est que le trope Information ouverte dans une nouvelle page de l'autre, un effet de style indéfiniment répété et aboutissant indéfiniment à la idée de relaxation comme expérimentation ultime et symbolique de la mort effaçant toutes tentions. Relaxation/mort sont tout autant antonymie sèche qu'opposition par conversité c'est-à-dire que l'une exclue l'autre tout en découlant nécessairement d'elle. Elles élaborent un lien que je qualifierai de Möbiusien Information ouverte dans une nouvelle page, d'évolutif et d'entier comme l'était son infernal ruban Information ouverte dans une nouvelle page. La relaxation va là où personne ne veut la voir aller, c'est le même principe que la petite mort que l'on prête à l'orgasme et pourtant, comme le rêve a pour contraire le cauchemar, le cauchemar est une des composante sublime de l'onirisme Information ouverte dans une nouvelle page et de l'onirocrite Information ouverte dans une nouvelle page. S'endormir lors d'une ance c'est mourir à soi-même, ne plus exister que pour celui (masseur) qui vous regarde encore comme un ange bienveillant et... thanatopracteur Information ouverte dans une nouvelle page.
Relaxation/mort établissent ce que j'appellerai un lien d'apicalité Information ouverte dans une nouvelle page des principes, c'est-à-dire d'effets causals dont l'aboutissement est naturellement morbide, le massage et son corollaire relaxant (le principe), poussé à son extrémité (l'apicalité), détendra jusque dans la mort ce qui n'est autre que la forme la plus aboutit, la plus parfaite de relaxation.
De plus, l'inversion conceptuelle
mort/relaxation c'est-à-dire le chemin du retour de l'absolu noirceur à la satisfaction de se ressaisir de soi ont pour postula un massage réverso-thanatique, un peu comme une résurrection de fait.

 

Dans le cas que nous étudions, le massage thanato-morbide se cristalise autour de l'oreille découpée d'une hyène que l'on se propose de faire macérer dans de la graisse jusqu'à son pourrissement et de cette mixture, d'appliquer le massage. Le sexe ressemblant à une oreille, l'oreille découpée de cette hyène ressemblant à un sexe de femme ; le massage ressemblant à une caresse, à une forme de masturbation démonétisée sans intention érotique et ici thérapeutique et la caresse constituant un massage appelant à un dialogue étrange entre vie et mort, entre plaisir et sacrifice circonscrit et dévolu à l'immensité de la matrice.

Fig. 14 L’animal comme produit de la chasse, tombe d’Amenemhat, Thèbes (TT 82), XVIIIe dyn. (d’après le catalogue de l’exposition Hippolyte Boussacet l’Égypte, Musée des Beaux-Arts de Béziers, juillet 2004, p. 38).

Ce massage passe par la mort de la hyène offerte en sacrifice, d'ailleurs peut-être n'est-elle pas nécessairement tuée pour être offerte aux dieux mais juste pour être à la femme comme elle pouvait être offert aux morts Fig 15. D'ailleurs, peut-être n'est-elle pas exécutée, que l'on se contente de lui prélever l'oreille dont on a besoin, peut-être est-elle tuée pour être consommée puisque nous avons vu qu'Isabelle Régen, cf., Information ouverte dans une nouvelle page pp. 54/56 évoquait la forte probabilité qu'elle l'ait été et que des organes lui soit prélevés ponctuellement pour quelques préparations. La question qu'il faudrait se poser c'est, est-ce qu'une utilisation culinaire et donc sous certains aspects vulgaires, pourrait être compatible avec une formulation thérapeutique, voire, d'intermédiation avec les dieux ? Si le but n'est que de prélever les caractéristiques symboliques de la hyène tels que la force, la malignité potentiellement solubles dans un corps gras et communicables par simple massage, cela pourrait s'envisager si tant est que le symbole ne soit pas dégradé pour les dieux, par contre, si l'objectif est de communiquer directement avec eux ou l'un d'entre-eux, alors peut-être faut-il envisager que l'animal n'ait été élevé dans des conditions qui le rendrait conforme avec les exigences divines et tout ce qui implique un cérémonial.

Hyène gavée, détail d'un relief de mur du Mastaba de Mereruka. Ancien royaume, 6ème dynastie, ca. 2345-2181 av. J.-C. Nécropole de Saqqara .

 

 

Rapide synthèse

La place du massage dans le bassin nilotique Information ouverte dans une nouvelle page d'alors propose ainsi toute une combinatoire de sens qui impliquerait une analyse ex post « après les faits » du fait massant que nous pourrions déconstruire comme suit :

  1. sur ce papyrus médical de SMITH Information ouverte dans une nouvelle page, si nous disposons de ce témoignage irréfutable de massage médical en Égypte, il n'en reste pas moins difficile, pour ne pas dire impossible de le dater avec précision puisque des ajouts, des reprises de textes datant de diverses époques s'y succèdent.
  2. notre gap est entre la XVIIe dynastie égyptienne Information ouverte dans une nouvelle page (1600 av. notre ère.) et la VIe dynastie Information ouverte dans une nouvelle page (env. 2350-2200 av. notre ère) voire même à l'Ancien Empire - soit environ 2700 à 2200 av. notre ère.
  3. le passage étudié présente deux sortes de massages circonscrits et impliquant le sexe d'une femme atteinte d'matométrie, l'un à base de graisse dans laquelle aura macéré une oreille de hyène et l'autre, un massage symbolique par destination convoquant une fumée constituant un massage médical mais aussi ce que notre nomenclature interne appelle un "massage thanato-morbide et réverso-thanatique".
  4. Postérieurement : deux autres entrées présentant des scènes ou des suspicions de scènes de massages ont été répertoriées en Égypte par le CFDRM de Paris :
    – une
    provenant du tombeau (ou mastaba Information ouverte dans une nouvelle page) d’Ankhmahor Information ouverte dans une nouvelle page, un des vizirs (en fait un tjaty) du pharaon Téti qui régnait de -2323 à -2291 avant notre ère de la VIe dynastie à Saqqarah , L'intrigante histoire du papyrus du web... par Alain Cabello-Mosnier 2013
    et enfin une autre masso-entrée avec ce "Tombeau des deux frères", avec le mastaba de Niankhkhnoum et Khnoumhotep sous le règne du roi Niousserre , 6ème roi de la Vème dynastie (-2460-2430) av. notre ère , Les superviseurs des manucures du palais par Alain Cabello-Mosnier 2013

 

En résumé

C'est par cette conjonction qui aura vu l'alignement de l'égyptologie médicale de Richard-Alain Jean et la planète massage que je relais sans relâche depuis 2008 au sein du projet CFDRM de Paris qu'aura pu s'entre-ouvrir cette collaboration unique.

Le massage s'est déployé en Égypte de bien des façons mais il ne nous est pas possible à ce jour de vous présenter un traité de massage glamour sous forme de rouleau ou de bas-relief déroulant tous les attendus d'une séance telle que nous la voyons aujourd'hui. De fait, il faut que notre sensibilité quasi sismographique au massage soit suffisamment fine pour se déclencher là où d'aucuns n'y auraient vu qu'un banal geste du quotidien.

Si certains restent facilement identifiables et rendent son exercice aisément identifiable, d'autres en revanche sont à considérer de manière large et symbolique comme nous le faisons au CFDRM de Paris lorsque l'on proclame que le toucher est un proto-massage. Le bain fut source de massages conscients ou non, l'onction par les baumes, les huiles et autres préparations, l'application médicale ou de préservation des morts lors de l'embaumement en composent les principes ordonanciers.

 

Conclusion

Je suis heureux d'avoir pu susciter cette récurrence de thème et ainsi pu identifier les entrées que nous venons de lister et qui donnent au massage en Égypte davantage de relief.

Ce travail reste bien entendu parcellaire mais c'est la première fois qu'une telle initiative est prise et ne procède non plus de la seule culture ou éclectisme d'un seul mais se trouve dûment vérifiée et discutés par Alain Cabello Mosnier pour le CFDRM et par l'égyptologue Richard-Alain Jean.

Nous l'avons vu, le massage était bien sûr connu et pratiqué en Égypte ancienne si l'on s'en tient au déductif, au figuratif, au scriptural et aux descriptions cliniques recensées ici mais aussi sur L'intrigante histoire du papyrus du web... et dans Les superviseurs des manucures du palais 11 juillet 2013.

Je ne sais pas combien d'autres propriétés assignables pareilles à des masso-outils ont pu m'échapper mais celles que j'ai pu circonscrire me paraissent de nature à donner de fortes orientations malgré la ruption de mes propositions thanatiques qui me fascinent par leurs mécanismes et leurs mystérieuses involutions. La mort et le massage côte à côte dans une même cavalcade endiablée, affreuse, glaçante mais impérieusement nécessaire. Les disciples de Freud ne croyaient pas dans cette pulsion de mort qu'ils mettaient sur le compte de la dépression sans doute par facilité, par réflexe intellectuel, ce qui disrupte dérange, démet une organisation cohérente. Le doute est cette part de l'homme qui contient toujours assez d'espoir pour que celui qui n'en a plus puisse en faire germer un nouveau. Certes, je ne me compare pas à l'homme, je compare l'idée associée à un secteur, celui de la psychanalyse reporté comme un pantographe au massage, à cette terre de désolation qu'il peut aussi, parfois, devenir. Alors peut-être qu'à mon tour trouverais-je ma lignée de sceptiques, qu'importe, tant que l'argument ne s'avise pas à me dire adepte gothique ou pire, de maître de quelque Ordre occulte aux nuits de plastiques. L'Égypte comme le massage ont suffisamment de parts d'ombres bien réelles qui ne demandent qu'à être éclairer sans avoir besoin de quelconques ersatz . Jamais je n'ai eu besoin de la nuit des autres.

 

Remerciements

Mes premiers remerciements vont tout d'abord au CFDRM, à cette fabuleuse machine à la fois rhizomique et incommensurablement imparfaite, sans moteur de recherche malheureusement mais qui constitue pour l'heure la seule initiative sérieuse dédiée aux massages du monde.

Reconnaissance à Richard-Alain Jean qui est la ligne rectrice de ce travail dès lors que la pierre accueil l'écriture, la référence ultime sans lequel tout cela ne serait qu'erreurs et suppositions. En effet, que serait cette collection sans quelqu'un d'engagé dans son domaine, écrivain, et dont les livres furent une aide précieuse.

Mention particulière à Nicolas Buire qui fut mon élagueur de prédilection, le premier défricheur dans cette jungle de Dieux, d'entités diverses, de pratiques dans lesquelles je me prenais aisément les pieds là où le masseur préfère utiliser ses mains.

Comme il m'est difficile de me remercier moi-même, (Alain Cabello Mosnier-Bourlioux), qui pourrait néanmoins me dissuader de dire merci à la joie que me procurent toutes ces recherches ? Trouver quelque chose et enfin contempler tout ce travail complice et personnel que procure le plaisir de ne plus ignorer.

 

 

 

Sources

tous les emprunts, textes et images issus du travail de Richard-Alain Jean le sont avec l'accord de l'auteur et seraient retirés à sa demande si cela lui semblait utile.

pEbers.

ocumentaire de Michael Douglas diffusé sur France 5 le 17 avril 2018

À propos des instruments médico-chirurgicaux métalliques égyptiens conservés au musée du Louvre, par R.-A. JEAN, Éd. Cybele, Paris, 2012 TDM Fiche technique

La mère, l'enfant et le lait en Égypte ancienne, par Richard-Alain Jean et Anne-Marie Loyrette, Éd. L'harmattan 2010 TDM Fiche technique

Isabelle Régen dans Un animal 'bien aimé' des anciens Égyptiens : la hyène rayée Fiche techniquepage 50

_ Sydney-Hervé Aufrère, Thot Hermès l'Egyptien : De l'infiniment grand à l'infiniment petit, éditions L'Harmattan, Collection KUBABA, Série Antiquité XIII, Paris, 2007.

_ (Le massage en Egypte dossier collecteur)

Sources CFDRM sur les traces de massages en Égypte
– Dictionnaire des Noms propres
http://www.cfdrm.fr/Noms_propres_Lettre_E.htm#Egypte
Oeuvres complètes d'Hippocrate, par Littré Ed. Baillière 1839-1861 en 10 volumes TDM * *  * * * Fiche technique
L'Empire romain de 192 à 325, par Christian Bonnet, Bertrand Lançon, Ed. Ophrys 1998 TDM Fiche technique
L'Avenir dure longtemps - suivit de Les Faits - Autobiographies, par Althusser Ed. Stock 2007 TDM Fiche technique
Massages thanato-morbides dans la carte-postale caricaturale, par A Cabello 3/08/2013
Mission Rangoon pour FX 18, Paul Kenny Information ouverte dans une nouvelle page Ed. Fleuve noir 1973 TDM Fiche technique
Les superviseurs des manucures du palais par Alain Cabello-Mosnier 2013
L'intrigante histoire du papyrus du web... par Alain Cabello-Mosnier 2013

 

Sites & blog

Profil facebook de : Richard-Alain JEAN https://www.facebook.com/medecine.egyptienne
Son blog :
Histoire de la médecine en Egypte ancienne
CFDRM de Paris : Observatoire des massages
https://www.facebook.com/CFDRM
Sites web :

CFDRM de Paris : http://www.cfdrm.fr/
Cabello Alain http://www.cfdrm.fr/CV_Cabello_Alain.htm

Alain Cabello Mosnier
mardi 10 juillet 2018

p.152 "En l'Egypte ancienne, aucune fonction n'est neutre et toute proposition médicale se colore d'une aura magicienne transformant le moindre acte médical savalteur en intervention divine et particulière rappelant l'histoire mythologique à laquelle elle se rattache directement."