CFDRM > Dossiers > CV Alain cabello > Tableau chronologique depuis les origines du massage.
Page créée le : mercredi 7 mars 2012 ; modifiée le mercredi 26 juin 2013
Dossier afférent :
Massao-chronologie vue comme période

 

 

Tableau chronologique depuis les origines du massage

Par Alain Cabello-Mosnier.
P/O le
CFDRM
Libre de droits non commerciaux.

Rédigé à Paris le : Dimanche 1 novembre 2009

Si la vie est issue de la formation de l'univers, si l'homme en est une de ses formes et s'il est le seul qui soit capable de sonder son histoire, alors, les arts qu'il professe pour se différencier du groupe auquel il appartient proviennent de ces mêmes origines. De même, le massage parmi les hommes comporte sa propre génèse indépendamment d'eux, remontant de fait à la première seconde et devenant ainsi la matrice du premier des massages.

Le tableau chronologique que Berne et Dujardin-Beaumetz ont élaboré au 19ème siècle montre bien cette persistance humaine à vouloir saisir les cycles dans leur globalité et pour cela, rien de telle que la chronologie à laquelle les massages n'échappent pas. On part des massages dits primitifs jusqu'aux techniques actuelles les plus élaborées de l'époque moderne,  même si elles sont la modernité de la fin du 19ème siècle, les massages n'ont que peu évolués depuis, de la kinésithérapie en passant par le massage cardiaque, le 20ème se nourrit encore allègrement de son facétieux prédécesseur. Ce tableau mériterait sans doute une version actualisée et plus nuancée en étoffant les périodes et en abondant celle du moyen-âge qui reste outrageusement vide, mais pour autant, il m'a semblé que le 21ème se devait, à son tour, de proposer une chronologie plus large peut-être qui engloberait l'humain, le vivant et l'inerte. En effet, de tout temps l'homme a tenté de se situer au centre de toute chose et même de s'auto-proclamer Élu voir Deus.

 

Galilée, Darwin, ainsi que les milliers d'autres qui suivirent n'eurent de cesse de nous éloigner de la désignation miraculeuse pour nous replacer dans le jeu du vivant comme une des composantes. Aujourd'hui, on ne parle même plus d'arbre de la vie tel que proposé par Darwin, avec un homo sapiens sapiens tout au sommet, victorieux et arrogant mais d'un buisson disposant d'un centre commun aux animaux, aux végétaux, aux bactéries et aux archées. La périphérie de ce buisson serait formée par ceux qui perdurent, et de l'homme, de la mousse ou du crocodile, nous ne serions, au sommet de notre branche, qu'un bourgeon parmi d'autres en évolution perpétuelle, chacun à son rythme. Alors, si nous consentons à cette révision statutaire pour mieux appréhender notre environnement, puisque l'homme en maturation prend conscience de la nuisance de ses comportements, qu'en est-il de la génèse des massages si il nous prenait de les distinguer de-même ? Devons-nous nous arrêter aux primitifs Mulgaradocks de la nouvelle-Hollande dont nous parlent Berne et Dujardin alors que de partout ces hiérarchisations au sein d'une même espèces ne tiennent plus ? L'arbre des massages ne doit-il pas à son tour se réformer pour donner un buisson facile à comprendre par tous ? Est-il difficile de conceptualiser que le massage pratiqué par l'homme contient sa part de réactions assimilables à des formes basiques de massages voir, qu'il peu aussi être "extra corpus", c'est-à-dire se dérouler au sein de corps improbables pouvant ne pas contenir la vie biologique telle que nous l'entendons ?

Les datations que l'on donne souvent à la cantonnière pour légitimer telle ou telle pratique de massage ne sont que la fabuleuse exhumation de traces peintes ou écrites comme preuve de leurs origines mais nullement de l'ancienneté de la pratique. Comment suivre dans le temps le parcourt de la caresse ? Un massage devant un feu de bois ne restituera jamais aux archéologues que l'emplacement d'un foyer devant lequel il eu peut-être lieu, la fossilisation du charbon, d'une graine qui peut-être pourra nous renseigner sur ce que mangeaient tel groupe humain, mais rien sur le touché des hommes. Alors, jusqu'où peut-on se permettre de remonter pour isoler les premières manifestations du massage ? A l'homme vu comme initiateur de toute chose ? Nous avons déjà fait cette erreur, l'homme étant un animal on peut se risquer sans trop de peine à considérer que le massage, s'il est 'touché', est partagé avec l'ensemble des vertébrés. Nous risquerons-nous alors à y mettre tous les animaux sans distinction ? le vivant dans ses formes unicellulaires doit-il en être exclu ? et le minéral ? Mais bon dieu d'où remonte ce fichu massage, à la première impulsion électrique au sein du premier des atomes ? bien sûr le massage tel que nous le concevons aujourd'hui est dissécable jusqu'à l'extrême, on peut tenter de le simplifier pour en remonter la source la plus improbable. Le massage remonte au big-bang et si il s'avérait que Big-bang il n'y a jamais eu mais que la formation de la matière s'est faite autrement, et bien le massage prendrait son impulsion à ce moment-là, il est l'accompagnateur de l'origine, il est matriciel.

Organisation des massages
Au regarde de cela, je propose d'établir en cinq périodes, ou strates, ce parcourt des limbes originelles aux
massages des humains, je les décline ensuite de façon plus détaillée dans les paragraphes qui suivent :

  1. Le Primo-Masso-contact évoque tout ce qui engage le contact de la matière bien antérieur à l'apparition du vivant. La première impulsion électrique entre deux atomes constitue un masso-contact. Une météorite qui s'écrase sur une planète initie une friction dont le seul mouvement de matière engendre un masso-contact, un massage de matière.
  2. L'Antéro-massage est un contact primitif au sein du vivant incluant les mouvements cellulaires primaires, électriques et/ou physiques.
  3. Le Proto massage, englobe tout ce qui amène le touché, intentionnel ou non, inclus l'ensemble du règne animal, homme compris. Les antennes de deux fourmis qui se touchent pour communiquer est un proto-massage.
  4. Le Primo-massage, est la première forme primitive de touché intentionnel, quel qu'il soit chez l'humain. L'exercice de ses sens au quotidien, la caresse, la sexualité, et tout contact de peau à peau.
  5. Le Massage concernerait toutes les techniques humaines de touchés élaborés, avec deux ordres
    Massages positifs : accompagnement, thérapeutique, relaxation, sexualité.
    Massages négatifs : rixe, affrontements, tortures.

Pour vaincre les résistances de l'esprit je commencerais par définir la période actuelle du massage tel que nous le connaissons pour aller vers ses origines afin de vous donner le schéma global.

5   Le Massage comprend toutes les techniques connues de touchés communicationnels et intentionnels élaborés par l'homme dont la forme la plus connue évoque un ensemble de techniques d'origines culturelles différentes visant des objectifs thérapeutiques, préventifs et de relaxation parfois corrélés à des sexualités pratiques. Lors de l'étude de ces massages nous avons une juste radiographie de la façon dont les civilisations ont approcher le corps, avec, selon les époques, des préoccupations plus médicales, philosophiques ou de bien-être. Il est naturelle de voir aujourd'hui, alors que la médecine prend désormais en charge de façon satisfaisante nos pathologies, que nous allions vers le versant relaxation. Tous les peuples disposant de ressources correctement exploitées et d'une stabilité politique ont donné dans une production artistique parfois inégalée et aujourd'hui, il est prévisible que la multiplicité de ces massages dans des sociétés qui les acceptent complètement donne une production nouvelle de formes artistiques rejoignant la danse, le théâtre, la peinture etc...
La sexualité dont les principes du massage sont conscientisés rejoint cette catégorie, communicationnels et intentionnels. Il y a une autre sorte de massage évolué dans ses techniques que l'on rechigne à reconnaître comme telle tant elle est aux antipodes de l'image que nous voulons nous en faire, c'est la torture. Je veux sans détour la placer dans cette strate car elle illustre merveilleusement l'ambivalence même de nos sens et de leur utilisation.

Ces formes de massages ne doivent pas cacher la part de violence qui les distinguent des autres tout en les impliquant. Les massages contiennent leur part de tanatos, de force de mort, consciente ou inconsciente. Le massage pratiqué sous la contrainte économique, prostitution, manque de formation, induit une part de pression subit qui comporte son lot de sape.

Et puis il y a des formes encore plus aboutis de massage pervers tel que le cinéma par exemple nous en donnera une superbe illustration avec des massages s'avérant mortels, violents, mais la plus symbolique de ceux-ci est la torture. C'est prendre les mêmes techniques que le massage mais pour en détourner ensuite la finalité profonde en utilisant les sens exacerbés non plus pour aboutir à un sentiment de relaxation mais en les excitant jusqu'à l'obtention de la douleur et de la mort. La mort étant une forme ultime de massage.

4   Le Primo-massage, c'est le stade premier du massage intervenant comme un intermédiaire qui se situe juste en-dessous du massage techniques et élaboré, il se manifeste par toutes les formes primitives de touchés intentionnels, quels qu'ils soient chez l'humain. C'est l'exercice de ses sens au quotidien, la caresse, la sexualité, et tout contact impliquant le peau à peau, fut-il violent ou mortel.
En linguistique, on utilisera souvent un terme pour qualifier son contraire à l'exact opposé de son sens premier, le mot
massage le sera pour parler de rixe, de bagarre, de violence urbaine souvent d'ailleurs corréler à un autre terme très proche et beaucoup plus commun qui nous parlera davantage, celui de friction.

3   Le Proto massage, englobe tout ce qui amène le touché, intentionnel ou non, inclus l'ensemble du règne animal, homme compris. Les antennes de deux fourmis qui se touchent pour communiquer est un proto-massage. Le touché mais aussi la parole sont massoïde, c'est-à-dire ayant une forme primitive de massage comme Marcel Jousse le développe sans le vouloir dans son domaine qui est celui de la linguistique dans son livre, La manducation de la parole Ed. Gallimard 1975 Fiche technique qui place le mouvement de la bouche pour s'exprimer parmi les gestes anthropologiques.
Le geste, le mouvement sont ce qui distingue le massage d'un non massage. Ici nous parlerons davantage de gestes biologiques simples. Des singes qui s'épouillent, la joute ludique d'un groupe de lionceaux, une punaise d'eau confrontée à un végétal qu'elle évalue par le contact, deux hommes qui se touchent, font partis des matériaux qui constituent cette décomposition anatomique destinée à isoler chaque élément du massage.

2  L'Antéro-massage est un contact primitif au sein du vivant, jusqu'à LUCA (Last Universal Common Ancester), qui est la cellule originelle, premier ancêtre des eucaryotes, des archées, ou des bactéries. Cet Antéro-massage inclue les mouvements cellulaires primaires, électriques et/ou physiques.

1  Le Primo-Masso-contact  est un Masso prima materia, un massage de la matière originelle lors de sa formation. Tout ce qui est mouvement, s'entrechoque, se percute, s'écrase, s'agrège, se dissous, se heurte, s'illumine, est le berceau des massages. Nous ne pouvons alors plus parler de vivant mais de champs liés par une cinétique ou une forme de déplacement d'information à l'échelle atomique. La première impulsion électrique entre deux atomes, une météorite qui s'écrase sur une planète initie une friction dont le seul mouvement de matière engendre un masso-contact, un massage de matière. Je place ainsi le contact comme l'ancêtre du touché sensible.

 

Voilà, je vous livre ma thèse et vous laisse bien sûr régir à son sujet, soit pour la contester, soit pour l'amender ou l'adopter mais accepterons-nous de nous laisser déposséder d'une partie du massage en tant qu'homme au profit d'autres espèces jusqu'à le partager avec la poussière ? Peut-on comprendre ce que nous sommes sans accepter que la (radix nostrorum corporum), la racine de nos corps vient de la diversité de la vie et que c'est elle qui nous a soufflé l'essentiel de ce que nous savons ? C'est chacun, à sa mesure, de participer, tout au long de sa vie, à amasser les pierres nécessaires à l'édifice de l'espèce à laquelle nous appartenons afin d'accumuler les savoirs qui nous distinguent vraiment des autres formes de vie.


Dimanche 1 novembre 2009
Cabello Alain